Le texte est un peu long, je suis désolée… ^^
Le fiacre avançait bon train au milieu de la plaine dégagée, les forêts étaient derrière moi et à plusieurs dizaines de kilomètres devant se dressait le château de Fort La Latte, depuis plusieurs générations dans notre famille et aujourd’hui, occupé par ma tante, la douce folle Azettep Nunez de Aznar.
Il y avait bien longtemps que je n’avais mis les pieds au château, mes occupations m’avaient débordé et de bal en bal, les agapes m’avaient tenu éloignées de mon dernier parent vivant. Azettep n’allait pas bien, un messager m’avait porté une missive rédigée par sa fidèle dame de compagnie Ed O’Connor. Azettep ne se maîtrisait plus et restait enfermée des heures au dernier étage du donjon. Dans ses crises de démence aiguës, Ed O’Connor m’avait écrit qu’elle voyait en elle le démon, un démon prêt à tout pour changer de l’eau en or, ou du vin en or, de la terre en or peut-être, je n’avais pas très bien compris, et après tout les élucubrations de deux vieilles filles ne m’intéressaient pas beaucoup.
Mais le château, lui, m’intéressait bien davantage. J’avais laissé tomber soupirants, amants, champagne et nombre de réjouissances afin d’aller la visiter.
Il faisait chaud dans le carrosse qui me conduisait, les bagages bringuebalaient et le cocher  fouettait avec force les chevaux. C’était étrange car dans ce coin de Bretagne, les gens étaient plutôt patients et paisibles. Mais dès mon arrivée à la gare, j’avais remarqué une différence, pressés et peu serviables, j’avais eu bien du mal à trouver un conducteur. On se serait cru dans la capitale. J’étais en vacances, en pèlerinage, je n’allais tout de même pas me laisser maltraiter par ces paysans.
Le château se rapprochait, je voyais les remparts se dessiner sur le fond bleu du ciel, je savais qu’après la lande, il y avait l’océan. Assez loin toutefois pour laisser autour de la bastide, des hectares de terrain vierges, prêts à être transformés en jardins paysagers ou en petites dépendances estivales.
Je songeais à mon ami paysagiste Louis de Clairac et à ce qu’il pourrait y faire lorsque le château serait…. J’espérais qu’il avait reçu mon invitation et qu’il était déjà en route, à quelques centaines de kilomètres derrière moi.
Le coche passa le pont-levis en faisant vibrer les planches de bois, les douves étaient asséchées, pleines de hautes herbes et rentra dans la cour. Je sortis du véhicule en plaquant une main sur ma capeline prune, une bourrasque de vent avait failli me l’enlever, je levais les yeux sur les bâtiments du château.
À ma droite, les écuries étaient accolées aux remparts. Sur la gauche une aile réservée aux domestiques s’érigeait, une nouvelle partie avait été ajoutée et reliait celle-ci à l’immense tour ronde qui s’élevait au milieu du domaine. L’architecture d’aujourd’hui tranchait avec les parties plus anciennes datant du Moyen-Age, c’était plus fin, plus étudié, plus gracieux, moins barbare et guerrier. J’appréciais ce nouveau charme qui ressortait de l’ensemble et pensait à toutes les modifications que je pourrais y apporter. Je fermais les yeux et sans peine, je voyais une nouvelle demeure. C’était délectable.
*
Ed O’Connor s’approcha, elle avait vieillit et portait le poids des années. Après tout c’était de sa faute, elle avait choisi de s’occuper d’Azettep !
- Zofia ! Quelle joie ! Je suis si contente de te revoir, comme tu as changé, tu es si… ton arrivée me soulage. Ta tante est si faible et si perdue, elle manipule ses potions, elle crie, elle rit. Je ne sais plus quoi faire, je suis très inquiète. Mais viens rentrons, nous avons un invité de passage.
J’entrais dans le hall, la décoration était parfaite, des tentures en soie, détaillées à merveille, des toiles, des meubles en maroquinerie travaillés avec précision. J’étais enchantée par l’intérieur que j’avais eu peur de découvrir sale et en ruine, il n’en était rien !
Dans le petit salon adjacent, je découvris un cavalier barbu et éreinté, il leva un regard vert émeraude sur moi et je ne pus me concentrer sur ce que me disait Ed O’Connor, j’étais subjuguée et j’entendis à peine lorsqu’elle prononça son nom : Larjie de Portaul…
Le début du séjour allait peut-être mieux se passer que je ne l’avais prévu.
Je montais rapidement saluer ma tante, je n’avais pas envie de rester longtemps à ses côtés, la lande bretonne me tendait les bras et je voulais proposer au mystérieux cavalier  de m’accompagner.
Je trouvais Azettep, assise dans un fauteuil au dernier étage de la tour, décoiffée elle récitait une suite de chiffres : 4, 8, 15, 16, 23, 42, sans fin et lorsqu’elle tourna les yeux vers moi, je sus qu’elle ne m’avait pas reconnu. Cela m’avait permis d’écourter notre entretien.
*
Après quelques jours passés à Fort la Latte et au vu de la situation, j’avais jugé que je pouvais en toute tranquillité, faire venir quelques amis dans ce qui serait, je l’espérais, ma future demeure bretonne. J’avais confié à un gosse du coin, sale et dépenaillé sept lettres destinées à mes fidèles amis : Emma de Montbruisson, Pascale de Chaste,  Agathe la Comtesse Goulier de Grandville, Marie, Marquise de Sillègue d’Aubeville, Leon de Bretagne, et Ingeark, un inventeur de génie dont la réputation dépassait les frontières du Royaume de France. Hormis Leon de Bretagne qui se trouvait à Rennes et Emma de Montbruisson à Bordeaux, tout ce beau monde était à Paris, certainement en train de festoyer sans moi. J’avais bien l’intention de tous les faire venir ici.
La dernière lettre était réservée au meilleur traiteur de la capitale chez lequel je réquisitionnais petits fours, plats de rois, macarons en pagaille, desserts, vins et champagnes des meilleurs crus pour au moins une semaine.
J’avais convaincu le ténébreux chevalier Larjie de rester jusqu’à leur arrivée afin de me tenir compagnie et je comptais bien user de mes charmes pour qu’il s’amuse avec nous. Cela le détendrait de ses missions obscures et de sa traversée de l’Europe pour rejoindre une comtesse sévère en Hongrie.
Il n’avait pas fallut trois jours pour que tous arrivent, Louis de Clairac en tête. Les vivres étaient arrivés et les domestiques venaient de les mettre à l’abri quand la belle Emma de Montbruisson passa le porche, il ne manquait plus qu’elle et nous étions au complet.
Dans les allées centrales, les deux compères de toujours Louis et Ingeark discouraient de nouvelles inventions ; sous un arbre les demoiselles écoutaient avec passion les récits de Larjie, quant à Leon, il voulait observer les souterrains de la citadelle. En regardant vers le ciel qui menaçait, j’avais aperçu Ed O’Connor épiant toute cette jeunesse envahir sans vergogne sa maison. Ce n’était pas ce qu’elle avait voulu mais elle savait qu’elle ne pouvait rien dire. Elle m’avait regardé affolée quand je lui avais parlé d’amener mes proches ici et m’avait dit une phrase que je n’avais pas comprise sur l’instant.
- Mais enfin c’est dangereux, tu ne te rends pas compte, en ce moment… faire des fêtes ici !
Quoiqu’il en soit, tout le monde était là et j’avais hâte de leur présenter la nouvelle invention de Ingeark, une machine à faire de la musique ! Je n’en revenais pas que cela puisse exister mais c’était un délice à écouter.
Dans la soirée, l’orage avait éclaté et bien au chaud dans un salon confortable de l’aile neuve, nous avions commencé à nous restaurer. Le vin coulait à flot des pichets, les fruits étaient savoureux, Agathe jouait un air de piano, des éclats de rire fusaient. Cela dura toute la nuit.
Au matin, je découvris des étranges morceaux des remparts tombés au sol, je mis cela sur le compte de la tempête. Le tonnerre avait grondé sans cesse sans nous empêcher de profiter ni de dormir. J’appelais Noemie, la jeune femme de chambre, en vain, aucun de serviteurs ne répondait. Seule Ed O’Connor arriva et consternée, m’annonça qu’ils étaient tous partis. La surprise passée, je haussais les épaules retournant au salon, en sachant que nous n’avions pas besoin d’eux.
*
Tout ce beau monde continua de festoyer allégrement toute la journée et quand vint le crépuscule, Leon s’approcha d’une haute fenêtre qui donnait sur la mer. Les étoiles commençaient à éclore sur le bleu pastel du ciel, à l’ouest le soleil finissait de rougeoyer au-dessus des flots et l’obscurité gagnait rapidement du terrain sur la droite du paysage. Surpris il regarda du mouvement sur l’eau, des dizaines de bateaux s’y trouvaient.
Ils s’étaient tous rassemblés dans le grand salon d’un étage du donjon. La pièce était totalement circulaire, de lourdes tentures bordeaux tombaient devant les fenêtres, le mobilier était en bois précieux et formaient un ensemble harmonieux. La grande table se déployaient au centre et des petits canapés dorés étaient disposés un peu partout.
La nouvelle invention de Ingeark fonctionnait à merveille et un air résonnait dans la pièce.
Un cri retentit qui fit se retourner Leon, Pascale de Chaste était également devant une fenêtre mais à l’opposé, le regard braqué sur la plaine.
Les convives se rapprochèrent, devant leurs yeux ébahis se tenait un déploiement militaire impressionnant qui occupait une grande partie du terrain avant le château. Des lanternes éclairaient des petites zones sur une immense surface, on voyait de l’agitation, des centaines d’hommes aux aguets, sans rien distinguer de plus précis. Il y avait peut-être des chevaux et même des engins de guerre.
Tous nobles, riches, beaux et jeunes qu’ils étaient mais surtout si occupés par les réjouissances que leur offrait la vie, n’avaient nullement eu vent de la guerre qui s’annonçait… Les dégâts de la nuit dernière n’étaient du en rien à la tempête mais à la première salve d’une longue bataille.
L’armée située à quelques lieues ne changea rien à l’atmosphère de la soirée. Personne du petit groupe ne se sentait concernés. Le château pouvait bien être détruit, ils mourraient de la plus belle des façons, dans le plaisir, celui de la chère, de spiritueux raffinés, de la chair même.
Ils retournèrent s’installer autour d’une table bien garnie, Zofia comprenait maintenant l’attitude des paysans à son arrivée, leur réticence, les petites phrases d’Ed O’Connor et l’empressement de Larjie à rejoindre la Hongrie. Larjie qu’elle avait finalement convaincue, devenu lui aussi acquis à la cause des futilités et qu’elle avait glissé dans son lit.
Personne ne savait qui combattait et tous s’en moquaient. Agathe proposait une imitation de sa préceptrice, les carafes se vidaient, les panses se remplissaient et les rires étaient de plus en plus bruyants. C’était le temps des frivolités et cela dura indéfiniment.

_ Le château est sécurisé. Fait John
C’est un reste de son langage militaire ça signifie juste qu’il n’y a plus de danger immédiat à signaler, pas que nous sommes en sécurité.
Il me dit qu’il compte sur moi pour demain. Si je le souhaite il ne m’imposera pas de tours de garde. La nuit sera répartie entre Emma, Léon et lui. Je refuse, lui disant que je prends le premier quart.
_Tu n’as pas pris de ta potion miracle pour rester éveillé?
_Non, je ne réfléchis pas sous adrénaline. (je lui révèle par cette occasion qu’il y a un peu d’adrénaline dans ma potion). Pour cette nuit le risque est tolérable, on va juste mettre un tonneau de poudre a coté de la porte. Je tirerai dedans pour retarder l’ennemi et vous réveiller au besoin.
_OK, réveille moi dans quelques heures.

Je suis assis sur ma marche de pierre, face au baril explosif. Mon départ dans le passé s’était déroulé de la manière suivante:
Lors d’un saut dans le temps, on ne choisit pas l’époque. On utilise des failles temporelles qui surviennent selon des modèles mathématiques et qui emmènent à une époque en fonction de la faille empruntée.
Nous avions été prévenus d’un saut dans le passé d’un terminator. J’ai calculé les probabilités d’occurrences des failles temporelles au moment du saut de la machine. Que la faille utilisée par le terminator l’emmène à cette époque était probable à 85%. J’ai calculé ensuite quelles seraient les failles suivantes pour arriver dans un créneau de dates entre 0 et 10 ans avant celle de notre ennemi.
La prochaine était dans 3 heures et la suivante dans plusieurs années. Ne ne pouvions pas prendre le risque d’attendre plus.
_Heu si on y va maintenant, avec la technologie dont ils disposent sous Louis XIV je ne sais pas comment combattre le monstre.
_Tu y réfléchiras en chemin.
_C’est toi le chef
Il y a 15 % de chances qu’on se soit planté, venus là pour rien. Et pour les 85% qui restent, faut que je trouve une idée et / ou qu’on ait beaucoup de chance.

Si seulement j’avais mon matériel et mes notes!!!
Trop chiant de ne pouvoir passer que des corps vivants et pas de matériel dans les failles. ça gène notre sûrement ennemi aussi. Je me demande s’il a toutes ses capacités du coup.

Je sors de mes pensées en regardant le visage qui dépasse de la couverture quelques mètres plus loin. C’est Zofia. Elle ne dort pas avec les autres dans la pièce derrière. Elle ne dort pas du tout d’ailleurs et observe les ombres de ma bougie au plafond. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que si John a demandé à ce que quelqu’un dorme près du veilleur, C’est une stratégie militaire. Ça peut permettre une diversion en cas d’attaque. Enfin il y a deux possibilités. Le veilleur attire l’attention sur lui laissant le soin de prévenir les autres au dormeur… Ou l’inverse. Si la poudre ne suffit pas a gagner du temps, j’aurai le choix entre me sacrifier ou la sacrifier.


_Tu penses à quoi? me chuchote Zofia.
_Rien de passionnant, je me dis que l’alliage du terminator commence à ramollir à 1200° C, et devient totalement liquide à 1500°C, avec du bois et différents matériaux, si j’arrive a condenser les fumées pour qu’elles s’embrasent elles aussi, je pourrai atteindre 1200°C.
_On pourrait transformer ce donjon en forge. Le rez de chaussée peut devenir un bon appel d’air pour attiser le feu. Le premier étage serait la zone de cuisson.

L’idée me plaît à défaut de mieux. Je réveille Léon pour qu’il prenne le quart suivant et m’endors
dans la pièce de garde pour ne pas risquer de réveiller tout le monde.

Il fait jour, le chantier commence. J’ai trouvé une solution pour piéger notre ennemi

Il y a un problème. C’est qu’il nous faut énormément de main d’œuvre.
Leon nous propose de quémander des hommes de la comtesse Agathe Goulier de Granville. Elle est la mécène de la construction d’une abbaye à vingt kilomètres d’ici. D’après lui elle ne peut pas refuser un service.

_Il vaut mieux que ce ne soit pas moi qui y aille par contre.
_Pourquoi? Fait John.
_Elle sera plus motivée pour venir avec une armée d’ouvriers et de soldats si elle sait que je suis là. Demoiselle de Montbruisson, serez vous ma messagère? demande avec charme Léon.
_Je risquerai ma tête pour vous?
_Non, il n’y a pas de risque pour la messagère. C’est envers moi uniquement qu’elle a de la rancune.

Un jour est passé.nous avons fini le foyer et j’ai placé les explosifs.
Une semaine plus tard le chantier est terminé. Dame Agathe dispose d’ouvriers efficaces.

Faut que je m’aère l’esprit. n’être sur qu’une seule idée en permanence ça me fatigue. La marée est au plus bas mais commence à monter. J’ai repéré un tube et du fil. d’abord il faut que je ramasse suffisamment de vers de mer.

L’explosion a fait venir Léon et John. Je me suis assis tranquillement avant qu’ils arrivent. Le tuyau qui m’a servi de canon improvisé pour lancer ma ligne de pèche dégage encore un peu de fumée.
_Je suis sur que les poissons de l’époque Louis XIV sont meilleurs.
Ils ont compris que je resterai là pour les 4 heures où la marée serait montante
Zofia arive avec un ballot de paille tandis que azatep ramene quelque bûches.
_T’as intérêt qu’il y ait quelque chose à faire frire me font elle.
Emma à la traîne nous rejoins avec quelques bouteilles.
Soirée grillade de poissons au feu de bois sur la plage du chateau de fort Lalatte.

_Il est temps d’attirer notre ennemi annonce John. Nous n’allons pas attendre qu’il nous trouve. Ingieark, c’est encore à toi de jouer, tu repars sur Paris avec Léon et Emma. Soyez là dans deux semaines dans tous les cas.

La rencontre avec eut lieu rapidement.
J’explique dans une taverne à 50 km de fort Lalatte que je viens du futur. Le but est de me faire remarquer. Je cite assez fort que je connais où est la descendante de Sarah Connors.
_Dans le futur il parait que la fumée de tabac est mauvaise pour la santé de l’entourage. Je vais fumer dehors.
Ça a marché, L’homme qui m’observait me suit.
Une fois dehors il m’attrape au coup et me souleve. C’est le terminator.
_Où est Ed O’Connor l’ancetre de Sarah Connors?
Je bredouille. Emma est dans mon champs de vision avec son fusil, enfin
_Fort Lalatte.
C’est lorsqu’il allait broyer ma nuque qu’Emma a tiré dans sa tête me permettant de m’enfuir.

Nous galopons depuis plusieurs heures déja. La machine est derrière nous. Je fais les injections aux chevaux sans même les arrêter.

Le fort est en vue. Léon qui galope devant moi allume une torche. C’est le signal.

Je vois au loin la fenêtre du donjon s’éclairer par des bougies et devine la silhouette de Ed. Le terminator a mordu à l’appât. Il arrête de nous poursuivre et se dirige vers le château.

John lui tire dessus du haut du rempart puis s’enfuit. La machine tord les barreaux de la herse pour passer, fracture la porte du donjon et va au premier.
Ed s’enfuit par la seule fenêtré et attérit sur des ballots de paille. John allume la mèche et saute dans le trou qui doit le protéger.
L’explosion se produit. Le plancher du second cède.
Toutes les pierres et le sable que les ouvriers ont accumulé au dessus tombent sur le terminator. Il est coincé mais pas pour longtemps.
On se précipite tous à la tour pour allumer le rez-de-chaussée et cuire la machine.

_Mission accomplie me fait John. On repart.
_Il y a un problème chef. On n’a pas pu envoyer avec nous de dispositif pour nous faire revenir. Le retour n’était pas prévu.

Elle marchait, le long des douves. j’étais près d’elle, nous étions chez notre oncle, Léon de Bretagne, qui s’était acoquiné d’Emma de Montbuisson, au château du Fort de la Latte. J’avais toujours éprouvé beaucoup de jalousie à l’égard de ma sœur jumelle. Elle était plus jolie, nos parents la chérissaient plus que moi, elle était la petite princesse. Je n’étais toujours que la deuxième, celle qui encombre, celle que l’on n’attendait pas, celle qui avait pris toute la place dans le ventre maternel. Zofia était née plus chétive, elle était aussi mince que j’étais bien portante. Ma mère la couvait au delà du raisonnable, il faut avouer qu’elle était toujours malade. Je ne comptais guère plus qu’une roturière aux yeux de mes géniteurs, je ne méritais pas mon rang. Même nos amis, Ed O’Connor et Larjie de Portaul, jouaient plus facilement avec elle.

Aussi, ce jour là, alors que nous marchions près des douves, seules, je n’eus aucun scrupule à la pousser dans les eaux profondes et boueuses qui entouraient le château. Elle cria à peine, je m’assurais que personne ne l’eut entendue. J’attendis qu’elle disparaisse sous la surface de l’eau, elle se débattit quelques minutes avant de sombrer. Je n’avais que huit ans, mais je savais que ma vie commençait à cet instant, je n’étais plus Azettep Nunez de Aznor, mais j’étais libre. Dans ma fuite, je pris donc ce nouveau prénom: Erbil.

Je parcourus quelques milles, à travers la campagne, sans rencontrer âme qui vive. Le soleil déclinait doucement et je commençais à avoir un peu peur. J’étais seule, ne sachant où aller, ni où dormir, je n’étais qu’une enfant. Ma mère, Agathe Goulier de Grandville, avait toujours mise en garde ma sœur contre les bandits de grand chemin. A ce moment, je faillis renoncer, mais je revis Zofia couler à pic. Je savais qu’en rebroussant chemin j’aurais à me justifier de sa disparition. Et, nul doute que j’aurais à passer devant le juge, Louis de Clairac, qui n’aurait à mon égard aucune clémence… C’est à cet instant qu’il apparut, petite tâche au loin sur le sentier. Au fur et à mesure que nous nous avancions l’un vers l’autre, le distinguant de mieux en mieux, je ne pouvais m’empêcher de trouver cet homme, et son accoutrement, très étranges. Bien loin d’être apeurée, il attisait ma curiosité. Lorsqu’il ne fut plus qu’à une centaines de pieds devant moi, il s’arrêta et m’offrit un sourire chaleureux, bien qu’édenté, en même temps qu’un salut amical. Il chevauchait une espèce de machine à grandes roues qui semblait avancer toute seule, dès lors qu’il appuyait sur deux cales, situées de chaque côté de l’engin. Il tirait une carriole à roulettes, remplie d’un bric à brac absolument incroyable. Arrivé à ma hauteur, il descendit de sa machine et se présenta à moi sous le nom d’Ingeark l’inventeur. Étonné de me voir ainsi, seule, sur le chemin, il me questionna. Je lui mentis en lui racontant que toute ma famille avait été massacrée par des brigands et que j’avais été la seule à prendre la fuite et à leur échapper.

La nuit étant en train de tomber, il me proposa de rester avec lui ce soir là, sur le bord du chemin, m’offrant ainsi sa protection pour la nuit. J’hésitais un instant, mais, je me retrouvais seule, sans rien à manger, ni à boire, à la merci des animaux sauvages et Ingeark m’inspirait confiance. J’acceptais donc son invitation. Il fit un feu, pendant que je me reposais un peu. Ce fut la soirée la plus surréaliste de toute ma vie. Il commença par sortir  de sa carriole une tente, bien plus grande que celle des gueux. Elle me parut aussi grande que la maison de Pascale de Chaste, qui avait été ma préceptrice à la ville, chez qui j’avais grandi jusque mes cinq ans. Il m’indiqua une des petites pièces, qui n’était rien que pour moi. Il y posa, au sol, une couverture miteuse qui se mit soudainement à gonfler jusqu’à devenir un moelleux matelas. Il déposa dessus comme une espèce de sac à patates géant, mais bien plus doux que de la toile de jute. Il m’expliqua que je n’aurai qu’à me glisser à l’intérieur pour y dormir. J’étais tellement ébahie que j’en restais muette de stupéfaction. Puis, il prit une planche de bois qui devint table, tout comme deux autres petites planches rondes qui se transformèrent en petits bancs individuels. Tout ce qui sortait de sa carriole se métamorphosait de façon magique… Ensuite, il se mit à préparer le repas. Là encore, j’allais de surprise en surprise. Il posa, sur la table, un petit tonneau d’où sortaient des mèches de bougies sous une armature ronde en fer. Puis, il attrapa des bocaux remplis de victuailles qu’il transvasa dans un récipient. Il le mit à chauffer sur le tonneau, dont les mèches s’étaient miraculeusement allumées… Pendant tout ce temps, il ne cessa de me parler, s’arrêtant parfois pour me poser une question dont il n’attendait même pas la réponse. J’étais fascinée par ce personnage qui me narrait ses aventures extraordinaires dans des contrées qui m’étaient inconnues. Il me raconta qu’il avait longtemps été au service de la marquise Marie de Sillègue d’Aubeville, mais que cette dernière l’avait fait chasser lorsqu’il commença à lui montrer le fruit de ses inventions, le traitant de sorcier maléfique. C’était de justesse qu’il avait échappé au bucher. Lorsque nous fûmes repus, les étoiles scintillaient déjà haut dans le ciel, et mes yeux n’en pouvaient plus de tant de merveilles. Je voulus l’aider pour aller au ruisseau laver les récipients, mais il me dit qu’il avait également une machine de son invention qui lavait tout toute seule… C’en était trop pour moi, je partis me coucher et m’endormis, bercée par le bruit métallique des récipients qui s’entrechoquaient dans la machine qui nettoyait…

Lorsque je me réveillais le lendemain, Ingeark et son fabuleux fatras avaient disparus, même mon abri n’était plus. J’étais allongée sur un lit de feuillage, à l’abri d’un arbre immense. Mon imagination m’avait-elle jouée un mauvais tour ? Pourtant, tout cela m’avait semblé si réel… Même mon estomac, encore plein du festin de la veille, m’encourageait à croire à la réalité de ce rêve… Je me levais et me remis en route. Peu avant que le soleil ne soit au zénith dans le ciel, j’aperçus, au loin, des petites habitations qui formaient un hameau, ma nouvelle vie allait vraiment commencée, je ne revus plus jamais Ingeark et, lorsque j’en parlais aux voyageurs, personne ne l’avait jamais croisé sur le chemin…

Peidboulle, Sainte-Aide, Trécelin.
Saint-Géran passé, petit village près du fort, chacun s’est tu. Chaque fourré fait l’objet d’une insistance marquée de nos regards. En cas d’attaque nous avons peu de chance en l’état. Sa force brute est bien supérieure à la nôtre.
Nos armes sont dérisoires. Leur machine ne nous permet pas d’emporter quoi que ce soit.
L’épaisse forêt que nous traversons et qui protège le fort nous signale sa proximité.
Les regards trahissent l’activité de chacun. Ingeark, le cerveau en ébullition, cherche la solution dans une improbable invention, Léon et moi, scrutons chaque arbre, chaque dénivellation de terrain.
Un œil en avant un œil en arrière.
Léon, capitaine de l’armée, nous a fourni des barils de poudre. Ami d’enfance de Marie, il se tient aussi droit sur son cheval que l’est son caractère. Je remarque sa main crispé sur le pistolet.
Une espèce de sixième sens m’anime. Je sens sa présence. Le ciel est pur. Pas de ces avions que j’ai connus avant la grande guerre. On a bu en chemin aux fontaines. Quelques siècles plus tard elles seront irradiées.
Nous débouchons de la forêt. L’étroit chemin de terre qui y mène nous oblige à dételer les chevaux. Nous faisons route à pied.
En contrebas le fort. Sa silhouette lugubre se distingue dans le noir avec la mer en fond. Du donjon, nous devons être parfaitement visibles. Pas de lumière. Les genêts forment une épaisse muraille infranchissable autour de nous pour tout être humain. Il n’est pas humain.
Un virage à gauche, je stoppe la troupe singulière. J’y vais seul.
Le pont est abaissé, la herse est haute. Les douves sont profondes mais vides. Pas âme qui vive. Mes lunettes à vision nocturne me manquent. Lui, il voit. Le fort semble en travaux. Des outils trainent ici et là mais pas d’ouvriers. Je reste à l’extérieur. Je me déplace vite. Je suis presque en haut du donjon. Sans bruit.
2 silhouettes distinctes au sol. Première : maîtrisée. Deuxième : maîtrisée. Grâce son EPO maison, je suis parfaitement réveillé et j’ai une force moi ! Il me reste une dose de sa potion magique.
Je vais les rechercher. Leurs yeux espèrent. En quelques signes, ils ont compris. On attendra l’aube pour être sûr de tout.

Ed O’Connor arriva vers vingt heures et chercha un lieu où boire une bière ne serait pas mission impossible. Il y avait si longtemps qu’elle n’avait pas quitté son île verte, et ce soir, pleine de ces souvenirs qui l’assaillaient, elle avait un peu la tête en friche. Quand Azettep Nunes de Aznar l’avait appelée la veille, elle avait d’abord cru à un mauvais rêve. A deux heures du matin, la sonnerie du téléphone avait toujours sur elle l’effet d’une blessure. Les griffes de la nuit sont implacables. Azettep avait de sa voix cristalline prononcé le nom de Zofia, et là, soudain, le jour s’était fait. Danger ! Elle ne pouvait laisser la copie conforme de la déesse de la beauté se perdre dans les sables du temps. Et c’est ce qui allait arriver si personne ne la libérait de son tortionnaire et geôlier, Larjie de Portaul. Il la tenait effectivement prisonnière dans le Château de La Latte. Depuis le coup de téléphone, tout s’était enchaîné sans qu’Ed ait besoin de planifier. Nulle nécessité de peser le pour et le contre, pas de plan B, une seule idée, fixe, sauver Zofia.

Ed et Zofia s’étaient rencontrées alors qu’elles n’étaient qu’adolescentes chez Léon de Bretagne. Léon était alors directeur d’un centre de vacances, son nom les avaient fait rire à l’époque. S’appeler « de Bretagne » et vivre dans le Languedoc ! Le centre où il recevait ses pensionnaires n’était pas un simple camping, mais un vieux château du Pays Cathare. Ruiné, Léon avait depuis dû revendre son château, qui aujourd’hui appartenait à ce scélérat de Larjie de Portaul. Zofia, Azettep et Ed étaient, à l’époque de leur rencontre, devenues rapidement les meilleures amies du monde.

A Montségur aujourd’hui, il n’y a qu’un café où Ed entra sans hésiter. Des regards accusateurs l’accueillirent. A une table la Marquise de Sillègue d’Aubeville et Louis de Clairac partageaient une bouteille de Champagne. Malgré la pression régionale, ils avaient toujours préféré ses bulles à celles de la Blanquette. Dans le coin à gauche, à l’abri de l’obscurité, Ingeark consultait ses derniers croquis et plans. Rien ne pouvait le perturber, c’est pourquoi dans ses yeux à lui, Ed ne vit rien. Celles qui la dévisagèrent avec le plus de méfiance et défiance, ce furent Emma de Montbruisson et Pascale de Chaste qui, depuis que leurs maris les avaient délaissées, en voulaient à tout ce qui était de sexe féminin et quelque peu séduisant. Comme elles ne risquaient pas de l’oublier dans leur solitude desséchante : l’amour, c’est mieux à deux.

Face à cette hostilité sourde Ed comprit qu’elle devait prendre seule le chemin du Château de La Latte. Ce qu’elle fit, par un chemin escarpé, dans une nuit noire et sans étoiles où la seule chose à laquelle elle aurait pu s’attendre à voir apparaitre, aurait été quelques dragons ou fantômes du crû. Mais Ed n’avait pas peur de son imagination. C’était sa plus fidèle compagne. Arrivée au Château, elle chercha une entrée possible, se souvînt du souterrain, et arrivée au bout, près de la pierre tournante, elle entendit une voix féminine. « Cher ami, avez-vous pris congé des amis de mon père ? » Cette voix, cette voix … ? Elle lui rappelait étonnamment celle de Brigitte Goulier, une autre adolescente connue dans le centre de vacances. Mais beaucoup plus distinguée, à l’ancienne.

Quant elle fut sûre de ne plus entendre aucun bruit, elle entra discrètement. Elle reconnut la pièce, ses murs, ses fenêtres, mais pas ses meubles, ses tableaux, ses chandeliers. Sur un des tableaux, elle reconnut Brigitte Goulier, mais portant une perruque grisonnante, le visage poudrée, le sourire pastel et un décolleté pigeonnant que jamais Brigitte ne se serait autorisée. Soudain, elle dût se cacher derrière un paravent. Une femme venait d’entrer. Celle du tableau. Et ce n’était pas Brigitte, elle en fût sûre dès la première seconde. Elle avait devant elle la Comtesse Goulier de Grandville. Elle avait traversé l’espace temps et se retrouvait prisonnière du XVIIIème siècle, dont elle devrait sortir coûte que coûte avec Zofia.

Et ouais c’est moi qui écrit la suite de JohnConnorsan.

Organiser un voyage dans le passé était facile en utilisant la technologie de notre ennemi. Organiser un Paris-Fort Lalatte avec la technologie de cette époque l’est moins. Emma de Montbruisson (enfin je soupçonne que ce soit un nom de scène) a réussi à dérober des produits au médecin du roi. Elle me les a donnés.
_T’es prêt? me fait John
_Non, il me faut encore deux heures. Je n’ai rien pour faire des dosages
précis, ça prend plus de temps.
_Tu fais quoi là avec toutes casseroles?
_Je prépare la roue de secours de notre carrosse.
_ …?
_De l’EPO pour les chevaux. Si tu patientes deux heures on en gagnera plus.
_Elles vont supporter ça les bestioles?
_Au moins jusqu’à la destination.

Au bout d’(une demie heure de voyage, j’ai senti que les chaos du carrosse remuaient mon estomac. Faut dire que les fenêtres sont petites et que ça remue beaucoup. Je suis sorti rejoindre le cocher, laissant John et la gente dame Marie de Sillègue d’Aubeville. C’était Emma qui assurait le rôle de cocher. C’est sympa ce voyage. L’air est pur à cette époque. Enfin.. Ils savent déjà épandre du lisier dans les champs. Emma me propose sa gourde : Whiskey britanique importé d’Angleterre pour le roi. Il y a un truc qui est génial en carrosse. C’est qu’on peut picoler, les chevaux ne se mettent pas à zigzaguer comme nos voitures.
Entrée de Chartres. Un barrage de la Marée-chaussée.
L’homme me demande ce que nous transportons et où nous allons. Je lui réponds juste que nous escortons une dame de la cours. Il fait un pas menaçant puis s’arrête. j’avais ma main sur la crosse de mon mousquet. John avait ouvert la porte du petit carrosse et se tenait sur la marche la main sur le fourreau de son épée. Emma était restée assise mais faisait en sorte de rendre visible le manche de son fusil.
_Ordre du roi, lance Marie avec beaucoup d’aplomb.
Il fait un signe à ses cinq compagnons de brigade, la maréchaussée nous laisse passer.

Dans une maison de Chartres nous récupérons les deux soeurs Azettep et
Zofia.

De longues heures de route, enfin de chemin. Nous voici à Ducey devant l’auberge dans laquelle nous attend Léon de Bretagne. Ils dorment dans le véhicule. Je me rend seul à l’intérieur avec comme mission secondaire de ramener à boire à notre chauffeur.

C’est l’occasion de laisser les chevaux se désaltérer et manger. je leur fais cependant une injection pour qu’ils n’aient pas a dormir.

Léon fais le choix de nous escorter sur son propre cheval. Il trotte a coté de nous ce qui permet de discuter jusqu’à Fort Lalatte.

Nous arriverons en pleine nuit.

Ce n’est pas tout, mais dès demain il faudra mettre en place les défenses du fort, car il nous trouvera bien un jour. Il est programmé pour ça.

Épisode 1 : la traque

2029, Je suis le chef de la résistance humaine.
Paris est en cendres. Nous nous terrons encore mais plus pour longtemps.
Les nouvelles sont bonnes. Les machines et leurs cyborgs sont sur le point de perdre la guerre. Elles ont joué leur dernier atout. A Los Angeles leur QG a été investi. Un cyborg a été envoyé dans le passé pour tuer Sarah Connor, ma mère. Nous avons pu intervenir à temps.

A Paris, un autre cyborg a aussi été envoyé dans le passé pour tuer Ed O’Connor, ancêtre de Sarah. Nous sommes 2 à partir de leur QG. Gnieark et moi, John. C’est leur dernière chance et la nôtre. Après, ce sera fini.

Paris 1707.
La ville est grouillante. Louis XIV règne. Nous nous sommes adaptés. Je suis devenu Louis de Clairac. Mes techniques de combat font de moi la plus fine lame du royaume. Gnieark, lui, est devenu Ingeark l’inventeur. Sa créativité est l’atout de notre intégration. Il nous sauvera peut être la mise.
Infiltrés dans la noblesse, Marie, Marquise de Sillègue d’Aubeville, nous a ouverts les portes de son château. Lui prouver ce que nous sommes réellement a été facile. Pour ma part, son noble caractère, son intelligence, sa grande ouverture d’esprit et sa douceur nous ont unis d’une intime complicité. En d’autres temps et d’autres lieux, nous aurions peut être… mais…
Ingeark a fait la connaissance d’Emma de Montbruisson. Une jeune troubadour au caractère bien trempé. Son réseau de connaissances nous a été fort utile. C’est par elle qu’Azettep Nunez de Aznar et sa sœur Zofia nous ont rejoints, fuyant les tourments espagnols.
Après 17 mois de recherche, nous avons retrouvé la trace d’Ed. Elle se cacherait à Fort Lalatte. Nous ne sommes pas les seuls à vouloir la trouver.
Il nous a fallu 2 jours pour nous mettre en route. Marie a envoyé des coursiers au devant de nous. Quelques uns de ses amis de confiance devraient nous rejoindre en cours de chemin.

A suivre….

Nous sommes en plein festival de Cannes n’est-ce-pas ? Alors je vous propose comme prochain défi d’écrire un « micro-roman » ou nouvelle  dont le sujet sera …libre mais tout le reste imposé ! Les personnages : les nominés sont : pour les dames : Emma de Montbruisson, Pascale de Chaste, Zofia et Azettep Nunez de Aznar, Agathe : Comtesse Goulier de Grandville, Marie : Marquise de Sillègue d’Aubeville et Ed O’Connor. // Pour les messieurs nous aurons : Léon de Bretagne,  Ingeark  l’inventeur, Larjie de Portaul et Louis de Clairac. Époque : 18ème. Lieu : Château de Fort La Latte. Chaque auteur sera le héros ou héroïne de son texte. Néanmoins tous les personnages seront au minimum cités dans le récit.  Clôture de ce qui va être un festival : je vous propose le 13 juin au soir.

Ps : oups ! modification du genre d’un des personnages….Château de Fort La Latte