L’attente

L’homme était seul, assis sur le banc, face au fleuve. Depuis combien de temps était-il là, lui même ne le savait pas. Le regard perdu dans le vague, son sac posé à ses côtés, il n’avait même plus la force de penser. Il était parti de chez lui quelques heures plus tôt, lui laissant un mot sur la table du salon. Nul doute qu’elle était rentrée, qu’elle l’avait lu… Alors, pourquoi n’était-elle pas venue le rejoindre ? Quelques jours plus tôt, elle lui avait signifié que tout était terminé, que leur histoire arrivait à son terme. Elle ne l’aimait plus, celà semblait définitif, irrémédiable. Quelles erreurs avait-il commis, il retournait leurs années de vie commune dans sa tête, mais ne parvenait pas à trouver la réponse à cette question. Il avait été aimant, attentif, précautionneux… Rien ne laissait supposer qu’elle allait le quitter, comme ça, sans crier gare… Et pourtant, tel était bien le cas, aucun signe avant-coureur, sans cris et sans heurts, elle lui avait annoncé: « C’est fini, je ne t’aime plus, je ne veux pas te faire de mal, mais je te quitte ». Aucune explication, juste l’érosion des sentiments, le quotidien qui tue les amours. Alors, il avait joué son dernier atout, il lui avait demandé de le rejoindre, au bord du fleuve, sur le banc de leur premier baiser. La nuit commençait à tomber, elle ne viendrait pas, il le savait. Il soupira en regardant le soleil se coucher derrière les cyprès. Il attrapa son sac, en sortit la corde, il referma son sac. Il s’approcha de la berge, laça la corde autour de sa cheville. Il prit son sac dans les bras et plongea dans le fleuve.

Elle eut juste le temps de le voir sauter et s’enfoncer dans les eaux noires du fleuve, elle cria son nom, mais il était déjà trop tard…

SUFFIT PAS DE VOULOIR

Archibald était né par un jour ensoleillé. La première chose qu’il avait vue, c’était le sourire de ses parents, et s’il était sorti un cri de sa gorge, c’était de joie. Il ne comprit pas tout de suite ce qui lui arrivait. Mais quelques années plus tard, après qu’il ait échappé aux pires tourments de l’enfance : mauvaises notes, varicelle, mauvais traitements de la part de ses camarades de classe, club de foot, Archibald dut se rendre à l’évidence : il était heureux. Jusqu’à ses 18 ans, cela ne le gêna pas trop. Il se disait que sa crise d’adolescence finirait par arriver, avec des conflits envenimés. Mais non. Une fois majeur, il décida de partir de chez lui, et de vivre une vie bohême où tout ne serait pas si facile. Mais un jour qu’il était allé faire ses courses avec le fruit de la manche du dimanche matin (il était évidemment doué pour la guitare et le chant), il gagna une maison ! Pour ne pas s’habituer à ce bonheur non mérité, il la donna à Emmaüs. Mais ceux-ci l’accueillirent et il s’y sentit bien. Alors il se mit à sortir le soir sans son beau pull jacquard tricoté par sa maman. Connaître les affres d’une maladie (non mortelle, mais quand même une petite maladie où l’on souffre un peu) était une chose à laquelle il rêvait depuis l’enfance. Mais aucun coup de froid ne voulut de lui, ni un seul virus. Il essaya tout pour ressentir tristesse, dégoût ou colère. Le jour où il zappa pour regarder de la téléréalité, les techniciens étaient en grève… Une chineuse venue chez Emmaüs tomba amoureuse de lui. Il lui posa un lapin. Mais une autre arriva, encore plus belle et plus amoureuse. Las de ce bonheur qui n’en finissait pas, il se retrouva un jour sur un quai de la Seine, tâchant avec passion de faire naître en lui la plus grande mélancolie qu’il pouvait imaginer. Il y arrivait presque. Là, derrière le sternum, il commençait, lui semblait-il, à ressentir ce qu’il avait lu dans les livres. Le Spleen, les souffrances du jeune Werther, les malheurs de Sophie… Il se sentait presque prêt à sauter. Le froid l’engloutirait et les journaux feraient paraître un entrefilet parlant de son « malheur ». Enfin. Il serait comme tout le monde. Alors qu’il s’approchait de l’eau, une bourrasque plaqua contre lui un gratuit qui traînait par là. Sur la première page, il lut : « La gauche au sommet, désaveu pour la majorité. » Il repartit vers son banc, lut les détails, et sourit. C’était encore raté !

defi 13 off man

J’étais assis sur un banc depuis plusieurs heures. Un homme s’est approché et m’a demandé si j’allais bien. Je l’ai ignoré.
Il a du s’inquiéter car il a pris ma main et m’a dit plus fort:
« Monsieur, si vous m’entendez, dites quelques chose ou serrez moi la main ».
Je suis comme lui, j’ai passé mon attestation de formation aux premiers secours. La phrase est normalement:
« Monsieur si vous m’entendez, ouvrez les yeux, serrez moi la main ».
Il doit être relativement intelligent pour avoir su reformuler et adapter une phrase « type » sans bégayer ni rien, malgré la situation. Puis il a continué à s’agiter, il a pris mon pouls. Je n’ai plus prêté attention à ce qui se passait autours de moi. mes pensées étaient verrouillées sur « la nouvelle ». Je me rappelle vaguement qu’à un moment j’ai vu des gyrophares dans le coin de mon œil, et deviné quelques silhouettes, mais je n’ai même pas détourné mon regard. C’était sans importance.

Plus tard, j’étais allongé sur un lit d’hôpital. J’ai vu des hommes en blouse me passer des lumières dans les yeux. Mais je m’en foutais. Je ne bougeais pas. S’ils savaient…
Ma femme est venue à mon chevet. Elle m’a touché, m’a parlé, a pleurée. Mais bien que je l’aime, si elle savait ce que je sais. Il me fallait du temps pour encaisser cette information. Je devais dédier mon conscient et mon inconscient à ça. Je n’avais pas le temps de m’émouvoir ou même de lui faire quelque signe. J’aurai perdu trop de temps à tenter de faire en sorte qu’elle comprenne quelque chose que personne ne comprendrai.

Ma fille m’a dit que c’était la dernière fois qu’elle venait. ça faisait huit années que j’étais sur ce lit. Elle s’est mariée et était enceinte. elle partait en France, vivre avec le père de mon petit enfant. A ce moment là, je pense que javais fait la moitié du travail cérébral pour encaisser et analyser « la nouvelle ».

Ils m’ont à nouveau passé dans la machine qui fait du bruit, l’IRM je crois. J’ai entendu le médecin dire à ma femme que c’était bizarre. Il a tenté de vulgariser son langage. un truc du genre « D’habitude, les gens comme votre mari ont une activité cérébrale affaiblie. La sienne est anormalement élevée, et déborde de la zone… enfin, vous voyez cette zone rouge. C’est la zone active du cerveau. Ce qui est bizarre, c’est que là c’est la zone du calcul, là la vue, là le langage et cætera… Ces zones sont actives de façon concentriques. Comme si cette zone centrale les avait sollicités. Prenons l’évolution des scanners que nous avons fait; La zone d’activité s’est jusqu’à présent agrandie, sauf aujourd’hui. Elle est légèrement plus petite. Ça parait être sur le déclin. »

Ma femme n’est pas venue depuis longtemps, et le docteur qui me suivait a été remplacé. J’ai fini d’analyser la nouvelle. J’ai tenté de me lever, mes muscles sont trop faibles.  j’ai tenté de parler à l’infirmière, mais rien n’est sorti. Je ne sais plus comment émettre un son. C’est angoissant. Il y a une caméra de surveillance qui pointe vers moi. Je suis résigné; je tente de raconter mon histoire en morse en clignant des yeux. Je vais expliquer la nouvelle, en espérant que quelqu’un derrière la caméra déchiffre mon message.

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Je suis infirmier, chargé de la surveillance vidéo de patients paraplégiques et en lock syndrome.J’ai décrypté le message d’un patient qui clignait des yeux. C’était du morse. Ça fait trois heures que je suis assis sur ce banc.

EN ATTENDANT CLODO

Penser qu’il va se passer quelque chose pour cet homme assis pose l’absurde idée du deveniret de devoir penser que tout être même assis est en devenir .Cet homme ne veux peut être pas qu’il lui arrive bonheur ou malheur .
Cet homme que l’on peut reconnaitre si l’on prête de plus près attention aux traits de son visage ne souhaite pas voir les évènements qui pourraient se dérouler autour de lui ;c’est pour cela d’ailleurs qu’il porte des lunettes opaques qu’il se trouve sur un trottoir où il ne passe personne .

Cet homme ne pense à rien de précis .Ni aux êtres qui ont traversé sa vie   ni à ceux qui la partage il ne pense à un quelconque emploi qui lui procurerait quelque argent ….Regardez bien il n’a laissé sur ce banc que son corps (et quelques affaires).Il est parti .

Il cherche ….Il ne bouge pas un sourcil de son âme car depuis longtemps il a fait une rencontre ici inoubliable.

il doit veiller  à laisser son corps immobile  …

il cherche sur le trottoir en face parmi les pigeons une plume …une plume d’ange.

Elle était Lise

C’était un début de printemps trompeur, fourbe. La soleil avait beau répandre ses rayons sur la ville, la température n’augmentait pas, le froid était saisissant. En descendant l’escalier extérieur qui menait à la rue, Lise avait hésité, elle détestait plus que tout ce froid glacial qui, malgré les couches de vêtements, atteignait quand même son corps ; mais ce qu’elle devait faire ne pouvait plus attendre. Elle n’avait déjà que trop tardé et elle savait précisément où trouver Thomas aujourd’hui.
Lise voyait les quais se rapprocher, Thomas devait être là, quelque part, assis sur un banc ou les jambes pendantes au-dessus de l’eau. D’aussi loin que Lise se rappelle les quais avaient toujours été l’endroit préféré de Thomas.
Il était là. Assis sur un banc, face au fleuve, le regard ébloui, son sac à dos à ses côtés ; de loin, il avait l’air d’un étudiant bohème un peu âgé. Il n’en était rien, Thomas était comptable.
Il portait cette éternelle veste noire, passée de mode et dont les coudes étaient largement usés ; Lise venait d’entrer dans son champs de vision, il l’avait repéré. Ses cheveux roux étaient détachés, c’était comme ça qu’il préférait, son sac en bandoulière constellé de badges, son manteau beige sur un jeans, elle était simple mais Lise dégageait un charme incroyable, comme une puissante source de lumière, une assurance inébranlable. Elle lui avait confié que, par le passé, cette confiance en elle avait fait fuir bien des hommes. Effrayés, intimidés, ils ne restaient pas longtemps dans le bras de Lise, un temps à peine.
Mais Thomas était resté. Des mois d’abord, des saisons et les années s’étaient ajoutées. Il savait que Lise lui apportait sa réponse. Il était venu sur les quais exprès, il voulait que son assentiment se fasse sur ces lieux qu’il aimait tant.
Depuis qu’il lui avait demandé de l’épouser, il avait laissé Lise réfléchir. Il ne voulait pas qu’elle se précipite, qu’elle donne une réponse spontanée qu’elle pourrait regretter. Il n’avait pas de crainte sur sa réponse, il avait confiance en Lise, confiance comme il n’avait jamais eu confiance.
Maintenant, elle était devant lui, assisse par terre sur son sac, jambes croisées, ses lèvres formaient son sourire « je te cherchais, je t’ai trouvé ». Oui elle avait trouvé, elle allait le lui dire.
Et puis Lise avait ouvert la bouche…
« Je ne peux pas… je suis désolée, je ne peux plus. J’ai voulu être sûre. Je me suis mentie trop longtemps, par paresse, par confort. J’aimais te retrouver, te parler, me lover dans des bras. J’ai aimé toutes ces années avec toi, tout ce temps, ces moments. Mais là ce n’est plus possible. Cette demande, tout ça… c’est trop. Trop conventionnel, trop important. Je ne peux pas me marier avec quelqu’un avec qui je suis seulement bien.
Je veux être exaltée. Sans le savoir, ta demande a été un peu comme un déclencheur. Je savais qu’il fallait que je change quelque chose. Je n’aime plus mon job, je me sens à l’étroit, étouffée dans ces artères urbaines. Je devais décider, tu m’as aidé. Ce mariage aurait été la chose en trop à ne pas faire. Je n’avais pas le courage. Aujourd’hui je suis galvanisée.
Je suis désolée. Pour tout. Pour l’espoir, pour la souffrance, de ne pas avoir réagi plutôt, d’avoir abusé du bien-être que tu me proposais. Il n’y avait aucun risque, c’était tracé tout droit. J’étais bien mais là, ça ne suffit plus. J’ai besoin de nouveautés, d’air pur, d’ailleurs. De terres lointaines, de passions, de risques, des choses que tu ne pourras jamais m’offrir même si tu y mets de tout ton cœur. Ce n’est simplement pas toi. J’aurais dû arrêter plus tôt mais le temps passe si vite, c’était si facile…
Je pourrais essayer de t’expliquer pendant des heures, tu ne voudrais pas voir les choses de mon côté, pas maintenant. Peut-être tu ne le pourras jamais. Tu as le droit de m’en vouloir, de me haïr, de vouloir me voir morte. Je connais la haine de la rupture pour l’avoir souvent ressenti. Te mentir aurait été encore pire, t’inventer des fausses raisons, des excuses minables. Tu me diras que j’aurais dû être honnête tout au long de ces années, c’est vrai, j’aurais dû mais je n’ai pas réussi à sauter du train en marche…
Je le suis maintenant. Je te laisse ; encore plus, je pars. Loin, l’Afrique ou l’Amérique du Sud, je ne sais pas encore. Tout est prêt, il ne reste que la destination à trouver. »
Lise avait encore un peu parlé mais Thomas n’avait plus écouté, il était dans une sorte de brouillard infini. En quelques minutes, il avait tout perdu et sa conscience avait basculé dans la peine.
Lise était partie depuis longtemps, sans un regard, lorsque Thomas s’était levé, c’était presque le soir et le froid s’était encore accentué. Il avait annihilé les sens de Thomas qui avançait comme un automate. Se mettre debout, lever une jambe, avancer le pied, le poser ; lever l’autre jambe, amener le second pied, le poser. Recommencer.
Il n’avait même pas pensé à se jeter dans le fleuve juste devant lui. Il était rentré.
Le printemps était passé tant bien que mal, puis l’hiver, un nouvel été et un automne deux ans plus tard, et ainsi de suite, mais jamais les pas automates de Thomas ne l’avaient ramenés sur les quais.

Capucine et l’inconnu…

Il était assis sur ce banc. Depuis un moment, je l’observais. Je mourrais d’envie d’aller lui parler, mais pour lui dire quoi? « Bonjour Monsieur, je suis Capucine, Hadès m’envoie vous voir ».

Non très mauvaise approche. Pourtant, il faut que je lui parle. Mais me voit-il? Mon statut est assez récent, il y a encore quelques jours j’étais agent de recouvrement, je bossais pour une boite dans le sud, et je m’éclatais à faire peur aux mauvais payeurs, surtout ceux qui devaient des factures de 10, 15 ou 20 euros, j’A.D.O.R.A.I.S. Mais tout à une fin, moi j’ai fini sous un camion sur la nationale 10, enfin entre deux camions qui faisaient la course. Maintenant, je suis là, et je sais qu’il y a une vie après la mort.

Hugues, c’est son nom, je dois aller le chercher, lui parler et lui faire comprendre que son heure est venu. Il est toujours assis sur ce banc, sur les quais à regarder les péniches qui passent. Il sort d’un entretien. Il n’aurait pas du y aller avec son sac à dos, il s’est fait rembarré. Dans une heure, je sais qu’il a un autre rendez-vous, chez un notaire, arf, où ai-je mis le papier avec l’adresse? Je devais le trouver là-bas, mais je l’ai trouvé plus tôt finalement.

Je suis allée m’asseoir à côté de lui. Son portable a sonné. L’avantage maintenant, c’est que j’entends l’autre parlé. Apparemment, il ne veut pas aller chez le notaire. Ça m’arrange cette affaire, je vais pouvoir faire ce qu’il faut maintenant, et partir plus tôt. Merde, il se lève, pourvu qu’il aille au bord de l’eau. Ah non, il reprend l’escalier qui monte et file vers le centre ville. Je suis certaine que je vais glisser en le suivant, les vieilles pierres sont lisses.

Et ça n’a pas loupé. Je viens de me fracasser le crâne sur cette pierre. C’est ça de tomber à la renverse du mauvais côté… Mais si je saigne, c’est que je ne suis pas morte, c’est que c’était mon imagination. il faut que je me relève. Tiens, l’homme revient et moi, je tiens debout.

Il me sourit.

Je vais l’épargner.

Je disparais.

Hadès m’envoie au paradis… Ça tombe bien, Zeus, je le trouve sexy ^^

Le voyageur

Je m’en étais allé pour un long voyage. A mon retour, je voulus savoir comment se portait les miens. Les nouvelles qui m’ont été rapportées n’ont pas été celles que j’espérai.
Il est rare que je fasse ainsi mais la situation l’exige. Je dois constater en personne. J’ai choisi une grande ville. Y vit toutes sortes d’individus, de races, de couleurs, pauvres et riches. Côte à côte sont l’opulence et la misère. Comme partout ailleurs hélas.
« Je prends encore quelques instants avant de remonter. De ma place je vois le pont des Arts et le Louvre. J’observe et j’écoute. Tant de vies se croisent sans s’entremêler. Jamais un sourire, pas plus qu’un bonjour ! Mes trois jours et trois nuits ont été bien tristes. Ils m’ont suffisamment appris. J’ai du dormir dehors, personne ne m’a offert ne serait-ce qu’un endroit, je ne sais pas, pas une étable il n’y en a plus, mais un endroit où dormir ; personne ne m’a offert à manger, pourtant j’ai demandé. A mes « bonjour, comment allez vous, puis-je vous être utile ? », j’ai reçu regards interrogateurs, parfois méprisants, même insultants. Tous sont devenus méfiants, à juste titre bien souvent. Pourtant, beaucoup d’entre eux auraient besoin d’un peu de consolation, d’un peu d’aide et même plus parfois. D’amitié, d’amour c’est sûr. Que font-ils ? Ils se sont inventés pleins de moyens de communication comme ils disent. Jamais ils ne se sont senti aussi seuls. Ils se sont inventés une vie… mais quel genre de vie ? Quels sentiments, quels intérêts sont devenus les moteurs de leurs vies ? Pourtant vu dans haut, elle est toujours belle, la terre. Qu’ont-ils fait ? Que sont-ils devenus ? Je ne peux plus leur donner davantage. » J’ai sondé leurs cœurs et leurs vies pour savoir. « Monsieur ? » « MONSIEUR ? » « Oui Madame ?». « Je vous observe depuis tout à l’heure, vous avez l’air frigorifié. Vous n’avez pas l’air d’avoir le moral… avez-vous faim ? » « Je vous remercie pour tant de sollicitude, mais tout va bien ne vous inquiétez pas. C’est très gentil à vous. » « Vous savez mon gendre est pompier et sa future femme, ma fille, est infirmière. Ils se sont rencontrés aux urgences de l’hôpital. Chez nous on a pas l’habitude de laisser les gens qui vont pas bien. C’est comme ça. C’est pour ça que … quand je vous ai vu, je me suis inquiétée ». « Je leur souhaite une vie pleine de paix, ainsi qu’à leurs futurs enfants. Veuillez m’excuser mais il est temps pour moi de partir. J’ai entendu ce que je voulais. » « Bonne journée Madame » « à vous aussi ». Oui, il y a encore de bonnes choses : il y a encore des vies qui se donnent aux « autres » au mépris des difficultés que cela cause dans leur propre existence, il y a encore des cœurs dans lesquels il reste un peu de place pour « l’autre », il y a encore des mains qui se tendent sans chercher retour, il y a encore de l’amour tout simplement. S’il savait comme j’apprécie ! Bien, il est temps. Je les laisse se débrouiller encore un peu tout seul. Je pars à nouveau parce qu’il le faut mais je reviendrai. Je ne peux pas faire autrement de toute façon. Ils me sont si chers. Si seulement….

defi 13 affaire 45694

Rapport sur l’affaire 45694

Madame ou monsieur,

Vous m’avez missionné pour éclaircir ce qu’est devenue l’équipe qui avait en charge le dossier 45694 ainsi que l’objet des ses investigations.

Mes constats n’ont pas permis d’établir l’objet de l’affaire 45694. L’ensemble des traces écrites ont disparues. Les agents ayant participé sont portés disparus pour 5 d’entre eux.  2 autres ont été assassinés. Mes services ont pu reconstituer la bande audio de l’enregistreur qui se trouvait dans le PC répartiteur qui a été incendié.

Voici la transcription:

Répartiteur: Plus de trois appels simultanés. Je stoppe la prise de notes et démarre l’enregistrement audio comme le veut la procédure. Voici le rapport oral de l’heure précédente Déplacement la PS 45694-4(sigle pour Personne Surveillée, le premier numéro est le dossier, le second la personne) de son lieu d’habitation à Calderale  en voiture. un accompagnant monté à Bollington non identifié. Se déplacent vers le sud (Londres?)

Sentinelle 3. José est sorti du pavillon avec Chloé. Attendons instructions.

Sentinelle 7. Aberdovey. Une voiture vient d’entrer dans la propriété d’Althena, Nous pensons qu’il s’agit de Jessy.

Répartiteur. Sentinelle3, vous avez dit que José et Chloé sont sortis. Où est Jessy?

Sentinelle 3: Indoor

Répartiteur Sentinelle 3, Cherchez un contact visuel pour confirmer

Répartiteur Sentinelle 7, Identifiez formellement s’il s’agit de Chloé

Sentinelle2 Coulommiers, 3 Limousines sont sorties du conseil.

Répartiteur Sentinelle 2, Quelle Direction?

Sentinelle2 Autoroute vers Toulouse

Répartiteur Pisteur vidéo-surveillance, Suivez les limousines Autoroute direction de Toulouse.

Sentinelle 4 Pyrénées Il y a du mouvement au domaine. Les commis chargent des voitures de valises.

Pisteur réseau: Le datacenter de José ne répond plus au ping.

Répartiteur conseiller d’astreinte. Mouvements détectés sur tous les sites, ils bougent tous.

conseiller d’astreinte Répartiteur, Faites se tenir prêts les interventionnels sud et nord.

Répartiteur interventionnels sud. Tenez vous prets

Répartiteur interventionnels nord. Tenez vous prets

Sentinelle3 Nous avons perdu Jessy, les capteurs thermiques n’indiquent aucune présence.

Répartiteur Sentinelle 7 Nous attendons toujours la confirmation de l’identité du visiteur.

Répartiteur Sentinelle 3 Suivez les deux autres.

conseiller d’astreinte Répartiteur le point s’il vous plait.

Sentinelle 7 Répartiteur, nous confirmons l’identité de Jessy. Ils viennent de monter dans un véhicule et de sortir de la propriété. Alténa, Jessy et apparemment deux hommes de main.

Répartiteur conseiller d’astreinte. Ils sont tous en mouvement. Les équipes tentent de ne pas les perdre.

Interlocuteur non identifié. C’est le moment d’accomplir votre devoir répartiteur.

Répartiteur à Interlocuteur non identifié: Qui êtes vous?

Interlocuteur non identifié: Je représente la personne envers qui vous avez prêté serment. Vous savez ce que vous avez à faire?

Répartiteur: Oui.

Hormis les quelques prénoms qui apparaissent. Nous ne disposons d’aucun renseignement sur les PF, et n’avons aucune trace de ceux-ci. Nous avons envoyé des équipes sur les lieux que nous avons pu identifier grâce à cet enregistrement. Les locaux ont été minutieusement vidés. Le « domaine » dans le sud de la france a été victime d’incendie. Cependant la présence de la gendarmerie française sur place ne nous a pas permis d’inspecter les décombres.

Suite au dernier appel, il est probable que le répartiteur ait éteint l’enregistrement. D’apres les témoignages. Il est sorti dans les rues de Londres et s’est assis sur un banc. Il est resté sur ce banc deux heures environ d’après les témoins. Il avait « le regard vide ». Un coup de feu tiré à distance a mis fin à ses jours alors qu’il était toujours sur le banc. Nous émettons l’hypothèse qu’il avait conscience de son sort.

Le conseiller d’astreinte fait malheureusement partie des personnes disparues.

Je vous tiendrai informé au fur et à mesure des éléments.

Veuillez agréer.

Défi n°13, malheur ou bonheur ?

Allez hop, je lance le prochain défi… Et j’ai réussi à créer une nouvelle catégorie !!! J’suis trop forte ;-)

Bon, à partir de la photo ci dessous, il va se passer quelque chose pour l’homme ou sous ses yeux… que du bonheur, ou que du malheur ??? A vous de choisir… Et, puisque c’est le défi n°13, on va dire que vous avez jusqu’au samedi 13 mars, à 13h pour publier vos textes !!!