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	<title>Défi d&#039;écriture &#187; Zofia</title>
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		<title>Plénitude&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Oct 2011 14:15:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Zofia</dc:creator>
				<category><![CDATA[défi n°22 - La journée d'un résident d'une maison de retraite]]></category>

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		<description><![CDATA[Du balcon du premier étage on voit le cimetière, pas très flatteur comme paysage pour une maison de retraite. Mais aussi, droit devant, on voit l&#8217;océan. Liliane ne regarde jamais à sa droite, toujours en face. Comme cela, elle observe l&#8217;océan sous tous ses aspects, du plus magnifique au plus dangereux. Les vagues qui arrivent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Du balcon du premier étage on voit le cimetière, pas très flatteur comme paysage pour une maison de retraite. Mais aussi, droit devant, on voit l&#8217;océan. Liliane ne regarde jamais à sa droite, toujours en face. Comme cela, elle observe l&#8217;océan sous tous ses aspects, du plus magnifique au plus dangereux. Les vagues qui arrivent avec violence, projetant de l&#8217;écume sur le rivage parmi les hautes herbes courbées par le vent et les dunes de sable blanc. Elle se laisse bercer par le spectacle. Très tôt le matin, l&#8217;océan se révèle, immobile, sage, c&#8217;est un des moments qu&#8217;elle préfère. Elle a enfin le temps de regarder les choses, les gens, sans se presser.<br />
Liliane a vécu sa vie à cent à l&#8217;heure. Défiant les hommes, elle avait monté une maison d&#8217;édition, à l&#8217;époque où les femmes étaient encore cloisonnées dans leur rôle domestique. Elle avait lutté, rageuse, le talent et sa réputation avait fait le reste. Occitania Édition avait prospéré. Pour autant, elle n&#8217;avait pas sacrifié sa vie familiale, elle avait assuré à la fois le développement de son entreprise, sa vie de couple et l&#8217;éducation de ses trois enfants. Pendant 40 ans, elle n&#8217;a pas beaucoup relâché la pression. Elle ne regrette pas. Mais à l&#8217;aube de ses 80 ans, elle est heureuse de pouvoir s&#8217;abandonner au rien.<br />
C&#8217;est lundi, une nouvelle semaine, mais Liliane n&#8217;y fait plus attention depuis un moment, au jour, au temps qui passe, à l&#8217;heure qu&#8217;il est. La lueur grise du début du jour éclaire sa chambre, ses longs cheveux blancs peignés avec soin s&#8217;étalent sur ses épaules, elle est en chemise de nuit devant la fenêtre, celle d&#8217;où on voit les flots. Ce matin hivernal est frais pourtant elle ouvre la fenêtre et s&#8217;avance pieds nus sur le balcon. Une bourrasque secoue sa fine silhouette, elle respire à pleins poumons le simple fait d&#8217;être en vie.<br />
La vie dans la maison « Plein Ciel » va reprendre petit à petit, elle trouve ce nom très kitsch et trop divin pour elle. Les pensionnaires vont s&#8217;éveiller, d&#8217;autres non, cela arrive parfois. Ce sera l&#8217;heure du petit-déjeuner, puis de la toilette, le repas du midi, les activités de l&#8217;après-midi. Elle se sent un peu étrangère à cette vie, de toute façon, elle oublie. Les dates, les lieux, les noms, elle a des bribes qui s’envolent et d’autres qui reviennent. Elle n’aime pas oublier mais elle préfère ne pas y penser. Elle n’entend plus très bien non plus. Mais tant que son regard lui permet d&#8217;observer le monde qui l&#8217;entoure, elle sera bien. Dans ce demi-monde où le temps ne passe plus, elle se repose de toute sa vie. Ici, elle peut regarder l&#8217;océan toute la journée, lire, regarder la télévision se perdant dans l’évolution du monde actuel.<br />
Elle a dépensé tant d&#8217;énergie dans le passé qu&#8217;aujourd&#8217;hui, elle se laisse porter. Pas de contraintes, pas de ménage, pas de courses, elle ne sait plus si elle serait capable de vivre une vie en dehors de ces murs rassurants.<br />
Elle regarde les locataires, les attitudes, les habitudes, les querelles, les jalousies, même à un âge avancé, la nature humaine garde des côtés obscurs. Elle s&#8217;imagine leur vie passée. Certains lui font de la peine, les esseulés, les abandonnés. Ceux qui ne se souviennent de rien, qui ont perdu leur passé, subissent le présent et dont le futur n&#8217;existe pas. Elle ne se rend pas compte qu’elle devient comme eux, et c’est tant mieux. Après tout qu’est-ce que ça peut faire si son esprit veut maintenir l’illusion ?<br />
Veuve depuis quelques années, elle a eu envie de s&#8217;abandonner, pas pour mourir plus vite mais pour vivre autrement.   Elle a  toujours su que la vie devait se finir. Si la sienne se termine en effritant sa mémoire, c’est comme ça, elle devra bien faire avec. Du moment que son esprit continue de fonctionner un peu, qu’il la laisse regarder autour d’elle toute la journée et lui permettre de rêver encore.</p>
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		<title>Défi n°19 : Septième Art</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Sep 2010 13:52:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Zofia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défi n°19 : Septième Art]]></category>

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		<description><![CDATA[Etant aussi fan de littérature que de cinéma, j&#8217;ai choisi d&#8217;associer les deux. Je sais cela a déjà été proposé&#8230; mais celui-ci sera un peu différent, du moins je l&#8217;espère ! Je vous propose donc de choisir un de vos personnages de cinéma préféré et de créer une histoire avec lui, cela peut très bien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Etant aussi fan de littérature que de cinéma, j&#8217;ai choisi d&#8217;associer les deux. Je sais cela a déjà été proposé&#8230; mais celui-ci sera un peu différent, du moins je l&#8217;espère !</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Je vous propose donc de choisir un de vos personnages de cinéma préféré et de créer une histoire avec lui, cela peut très bien être avant, pendant ou après l&#8217;histoire du film et ce n&#8217;est pas forcément un personnage principal. Ca peut-être un personnage secondaire qu&#8217;il serait intéressant de développer, n&#8217;importe&#8230;!</div>
<p>J&#8217;espère que le sujet de mon premier défi  n&#8217;est pas trop nul ^^ et vous avez jusqu&#8217;au 10 octobre pour écrire vos textes !</p>
<p><span style="font-weight: normal;">p.s : il serait pas mal de mettre un ps avec le nom du film d&#8217;où est tiré le personnage, si ce n&#8217;est pas précisé dans le texte.</span></p>
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		<title>Dédale, enfer et folie</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Aug 2010 11:12:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Zofia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défi n°18: Un pti café?]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;américain tendit à Leamas une nouvelle tasse de café. Elle était pour l&#8217;instant la seule à être sortie – vivante – du ParK*. Épuisée, sale, les habits déchirées, les traits tirés et le sourire presque effacé, elle était apparue sur la place dans la lumière rouge du soleil couchant. C&#8217;était une place de village, dallée, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">L&#8217;américain tendit à Leamas une nouvelle tasse de café. Elle était pour l&#8217;instant la seule à être sortie – vivante – du ParK*. Épuisée, sale, les habits déchirées, les traits tirés et le sourire presque effacé, elle était apparue sur la place dans la lumière rouge du soleil couchant. C&#8217;était une place de village, dallée, où la végétation courait, disparate et sauvage ; des colonnes corinthiennes et ioniques se mélangeaient, certaines étaient brisées, d&#8217;autres incomplètes. Au fond de la place, il y avait un bar. L&#8217;unique bar du parc. Une sorte de paillote avec son toit jaune et ses murs de bambou bruns, une paillote digne d&#8217;un plage de Tahiti. Mais l&#8217;endroit où on était, ne ressemblait en rien à une île paradisiaque bordée de sable blanc&#8230;</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">L&#8217;américain tenait ce bar depuis toujours, on ne savait pas très bien à quelle époque il était arrivé, un jour, il était là, c&#8217;était comme ça. Il n&#8217;y avait pas beaucoup de clients et d&#8217;ailleurs ils ne payaient jamais rien. C&#8217;était compris dans le ticket d&#8217;entrée. L&#8217;américain était présent et toute la journée, il attendait.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Dès qu&#8217;une silhouette apparaissait, il la jaugeait. Elle se rapprochait, parfois trainant la patte parfois d&#8217;un mouvement énergique ; et le temps qu&#8217;elle traverse la place, il décidait de ce dont elle avait besoin pour se requinquer.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Leamas avait débouché en courant, pressée d&#8217;en finir et en même temps trop faible pour aller plus vite. Un coup d&#8217;œil. Café bien serré. Peut-être même deux ou trois.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: center;">*</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Pourtant la journée de Leamas avait commencé comme une fête&#8230;</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Il était moins de 5 heures du matin quand ses copines l&#8217;avaient réveillé en piaillant et bouteille de champagne à la main. C&#8217;était son enterrement de vie de jeune fille. Elle ignorait le programme qu&#8217;on lui réservait mais elle en imaginait les contours : alcool, défis idiots, rigolades, chippendales, peut-être quelques joints et la fête jusqu&#8217;au lendemain.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Mais dans la clarté matinale, ce n&#8217;était pas tout à fait ce qui s&#8217;était passé. Elles avaient pris la voiture, puis l&#8217;avion direction l&#8217;Afrique. Rien que cela était surprenant. Les filles étaient excitées, elle se demandait à quoi aller ressembler cet enterrement.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Finalement elles s&#8217;étaient retrouvées dans un hélico, yeux bandés, avec d&#8217;autres visiteurs. Le nom du ParK tournait dans les conversations des passagers.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Quand elles purent enlever leur bandeau, elles étaient sur une esplanade de verdure, elles avaient levé les yeux vers une immense cascade qui chutait, grouillante, dans un lac à proximité. Surprise, Leamas avait à peine écouté les explications de l&#8217;accompagnateur, elle avait simplement compris que ses copines lui avaient offert une journée dans une sorte de parc d&#8217;attraction&#8230;</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: center;">*</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Le moniteur avait divisé le groupe en équipes de deux, on distinguait au moins huit entrées différentes, des chemins qui partaient dans toutes les directions. Une carte, une boussole, une bouteille d&#8217;eau, unique matériel pour ce qui commençait à ressembler à une véritable expédition. Des bribes du discours de bienvenue lui revenaient à l&#8217;esprit « <em>vous trouverez d&#8217;autres objets sur le parcours, si vous savez où chercher</em> » «<em> une voie peut cacher d&#8217;autres voies</em> » « <em>le but : faire le tour avant la nuit </em>». Elle ne comprenait pas le sens de cette présentation énigmatique, il était pourtant à prendre au premier degré.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">7h30. Un gong venait de retentir. C&#8217;était le début.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: center;">*</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Elle regarda sa carte et vit sous ses yeux le territoire européen, du Portugal jusqu&#8217;à la frontière Russe, de la Méditerranée jusqu&#8217;au cercle polaire. Chaque pays représentait une « salle », chaque salle était le décor d&#8217;un paysage géographique bien précis, steppe, toundra, forêt de conifères, prairies&#8230;</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">C&#8217;est ainsi que Leamas entra dans la Norvège pour sa première étape. Ce qui n&#8217;était qu&#8217;un jeu devint rapidement autre chose&#8230;</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: center;">*</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">La future mariée traversa un maquis labyrinthique, végétation basse, chaude, étranglée. Des bruyères violettes de plus de deux mètres de haut barraient le moindre chemin, la moindre faille. En quelques minutes, Leamas s&#8217;était complètement isolée. Les pierres roulaient sous ses pieds, les odeurs des romarins et genévriers étaient entêtantes. Le terrain descendait en pente. Elle se cogna à un objet métallique pendu à un chêne vert, le soleil tapait fort au travers des feuillages. Elle leva les yeux : une machette ancienne mais à la lame bien aiguisée. Le guide disait donc vrai.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Elle passa la Suède dans une savane inondée digne d&#8217;un delta Africain du Niger ou de Namibie, où elle échappa de peu à un crocodile. Puis la toundra en Finlande, elle se nourrit de baies mauves accrochées à des arbustes espérant ne pas finir comme le héros d&#8217;Into the Wild&#8230;</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Elle allait vite, sans pause, et commençait à se fatiguer. Si elle devait parcourir une Europe climatique même de taille réduite, elle devait garder des forces.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">En traversant une taïga gelée qui représentait la Pologne, elle crut mourir de froid. Sous les conifères blancs et glacés, ses pas dans la neige laissaient des marques. Et dans une mare où la température négative avait solidifiée l&#8217;eau, elle trouva un sac étanche et dedans une polaire et des gants. Elle eut envie de pleurer.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Elle avança jusqu&#8217;à la frontière italienne en sillonnant une steppe quasiment désertique, elle y avait croisé quelques ibex et hermines. Et aux abords de l&#8217;Italie elle plongea carrément sous l&#8217;eau. Rapidement, elle trouva un équipement de plongée mais ne vit pas le harpon bien dissimulé.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Le fond marin regorgeait de ruines, d&#8217;algues vertes, de coraux de couleurs vives et d&#8217;animaux. Leamas préférait ne pas s&#8217;attarder, de peur voir surgir requins blancs ou pieuvres géantes.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Elle ne savait plus où elle était, où elle allait, l&#8217;heure qu&#8217;il était. Elle ne savait plus si elle était dans ce parc depuis des jours ou seulement quelques heures. Elle avait faim et soif.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Perdue dans son désespoir, elle passa trop près d&#8217;un rocher et vit, trop tard, la murène. Elle lui arracha un morceau de chair de son avant-bras et partit aussi vite. Le sang commençait déjà affluer. Et dans sa pensée, sang égal requin.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Piochant dans ses ultimes ressources, elle bâtit des pieds plus fort, plus vite. Par chance, elle finit par s&#8217;échouer lamentablement sur la plage de sable fin.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Elle ne savait pas pourquoi elle continuait à avancer, à parcourir des terres hostiles sans rencontrer âme qui vive. Elle aurait très bien pu s&#8217;assoir et attendre, baisser les bras, rendre les armes, instinctivement, elle sentait que son salut reposait dans le mouvement.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: center;">*</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">La jolie brune pénétra en France, dominée par une brousse sèche et habitée. De loin, elle voyait des girafes grignotant des feuilles d&#8217;acacia et quelques hippopotames trempant dans la boue d&#8217;une mare presque à sec. Dans les hautes herbes, elle remarqua un groupe de formes qui avançaient puis une crinière dépassa du lot. Lions, peut-être lionnes et lionceaux. Un coup de feu fit s&#8217;envoler les rares oiseaux. Décidément, on avait tout prévu, il y avait même des braconniers. Et quand une balle rasa l&#8217;écorce de l&#8217;arbre derrière lequel elle se cachait, Leamas comprit que ce n&#8217;était pas sur les fauves qu&#8217;ils tiraient&#8230;</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Elle courut. L&#8217;enfer de la savane venait de la laisser pantelante, fébrile et elle devait faire face à un nouveau territoire, le bout n&#8217;arrivait pas, tout s&#8217;enchaînait trop vite.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Le désert du Colorado avec son herbe basse, jaune, ses clichés de crânes abandonnés, ses rocs rouges s&#8217;érigeant en plein milieu et la chaleur surtout. Leamas abandonna la polaire et les gants. Vaguement, elle s&#8217;interrogea sur la possibilité de créer un monde tel que celui dans lequel elle était en train d&#8217;évoluer : comment avait-on pu créer des climats aussi changeant d&#8217;un mètre à l&#8217;autre ? Le propriétaire du ParK, surement un fou mégalomane, avait dû y mettre le prix.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: center;">*</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Leamas ne le savait pas mais elle s&#8217;approchait doucement de sa dernière étape, la nuit était quasiment tombée. On aurait dit que dans cet espace-temps, les journées de 24 heures n&#8217;avaient pas cours, remplacées par des journées de 36 ou 48 heures. Dans cette partie du monde, le jour et la nuit étaient comme abolis. Le fou avait-il le moyen de contrôler et distordre le temps ?!</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Elle entra dans une terre hollandaise bordée de mangroves remplies de piranhas, atteint un sol ferme. Forêt tropicale, chaleur, moiteur, fleurs carnivores et des grosses gouttes entaillaient la végétation. Une pluie torrentielle compléta le décor.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Elle fut trempée en quelques minutes, la boue ralentissait sa progression, elle écrasa une mygale, échappa à un scorpion. Elle imaginait tout ce qui pouvait se trouver dans la jungle : panthère noire, serpents, lianes vivaces, grenouille toxique, peuple indigène ? Impossible de freiner son cerveau qui travaillait mécaniquement la submergeant d&#8217;images de documentaires plus ou moins terrifiantes.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Le terrain changea et elle fit face à une jungle plus aérée. Passa un porche de pierres vertes. Leamas entra dans un temple qui ressemblait à ceux de Bali ou Bornéo. Des noms idylliques qui, jusqu&#8217;à aujourd&#8217;hui, la faisaient voyager. Rien ne serait plus comme avant.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Elle eut le choix entre une chemin de rocaille qui grimpait au chemin de ronde du temple ou y passer en plein milieu. Elle grimpa et débuta une ascension périlleuse, les roches recouvertes de mousse glissaient, la vétusté du bâtiment le rendait branlant et certaines parties menaçaient carrément de s&#8217;effondrer sur son passage.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Elle tombait, se relevait, rampait, s&#8217;écorchait les mains en griffant la terre. L&#8217;averse ne cessait pas, ses cheveux bruns lui collaient au visage et lui bouchaient la vue. Elle ne vit pas la crevasse qui tranchait le sentier. La chute de 3 mètres fut brutale.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">La jeune femme resta étendue dans une rigole du temple, ruisselante d&#8217;eau, le visage amoché, évanouie. Du temps passa.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Le serpent jaune et noir, de sa peau glacée longea le corps inerte, le frôlant. Un sursaut, un souffle, un cri !</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">La saignée de pierres courrait le long du temple à plusieurs mètres du sol comme suspendue. Leamas n&#8217;avait plus de courage et pour son mariage, elle aurait le nez cassé. Celle-ci se traina, plus le choix, plus l&#8217;envie.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">C&#8217;était laborieux, elle se sentait comme un soldat en plein stage de la légion étrangère. Sa carte indiquait « Mer du Nord », elle s&#8217;attendait à une nouvelle épreuve désert de cailloux ou volcan en éruption, elle franchit le portique debout et atterrit sur une esplanade pavée.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: center;">*</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">La jolie brune que l&#8217;Américain n&#8217;avait pas cessé de regarder venait de s&#8217;endormir, tête posée sur la table, après son troisième café.</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<p style="text-align: right;"><span style="font-weight: normal;">* Librement inspiré du roman Le ParK de Bruce Bégout et d&#8217;un de mes cauchemar&#8230;</span></p>
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		<title>Absence de liens</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Jul 2010 20:48:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Zofia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défi n°17, l'incipit]]></category>

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		<description><![CDATA[Elle était si jolie, si jolie avec ses longs cheveux bruns et ses yeux verts. En les regardant, il y voyait tout un monde qu&#8217;il n&#8217;avait pas connu, celui de l&#8217;enfance heureuse. Il y voyait son émerveillement devant les premiers flocons de neige l&#8217;hiver et son rire éclatant dans un été chaud, ses prunelles pétillantes, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="_mcePaste">
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;"><em>Elle était si jolie,</em> si jolie avec ses longs cheveux bruns et ses yeux verts. En les regardant, il y voyait tout un monde qu&#8217;il n&#8217;avait pas connu, celui de l&#8217;enfance heureuse. Il y voyait son émerveillement devant les premiers flocons de neige l&#8217;hiver et son rire éclatant dans un été chaud, ses prunelles pétillantes, un panier de cerises à ses pieds. Il entendait sa mère crier son prénom sur le seuil de pavillon à l&#8217;heure du goûter. Lilly&#8230;Il regardait ses boucles en passant une main dans sa chevelure, elle était douce et l&#8217;odeur du shampooing à l&#8217;abricot s&#8217;en dégageait. Sa peau bronzée de fin d&#8217;été se reflétait au soleil, les ombres d&#8217;un saule pleureur dessinait des arabesques sur son corps. Elle portait une robe courte, rouge foncé, légère, il faisait encore bon. C&#8217;était un cadeau pour la rentrée des classes, pour son entrée en CP, chez les grands. Lilly n&#8217;avait pas pu attendre le lundi suivant pour la mettre et dans un caprice avait réussi à faire craquer sa mère.Sa mère qui, souvent, du seuil de leur maison dans la campagne l&#8217;observait jouer. L&#8217;instinct maternel était arrivé d&#8217;un coup et elle ne se lassait pas de voir sa fille se balancer sur la balançoire accrochée à l&#8217;immense tilleul du jardin. Tout un monde était né avec Lilly. Elle était couchée et avait les yeux fermés, Erik la regardait, il voulait qu&#8217;elle se réveille, il voulait encore jouer avec elle. Il se tenait à genoux à ses côtés dans l&#8217;herbe. Il ne voyait rien d&#8217;autre autour, il ne voyait ne sentait qu&#8217;elle. Il ne voulait rien de plus.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: center;">*</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Il arriva à pied, en marchant dans la pelouse pour ne pas faire crisser le gravier sous ses chaussures, il n&#8217;était pas seul. Il avait les mains moites, la chaleur et le stress faisaient glisser des gouttes de sueur dans son dos. Il les avait vu de loin, il n&#8217;était pas pressé d&#8217;arriver pourtant il devait se dépêcher. Il mit l&#8217;homme en joue. Erik était costaud, sa musculature brutale et sa vision acérée. D&#8217;un regard, il vit le corps de la petite. Il était bleu, mauve et jaune sous les coups. Les doigts d&#8217;Erik avait laissé des traces autour du cou fin de Lilly. Et le rouge de sa robe se confondait avec celui de son sang. Ce n&#8217;était pas la première petite fille avec qui Erik jouait, mais ça serait la dernière.</div>
</div>
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		<title>Frivolités</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jun 2010 12:13:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Zofia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défi n°16 : SILENCE! ça tourne!]]></category>

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		<description><![CDATA[Le texte est un peu long, je suis désolée&#8230; ^^ Le fiacre avançait bon train au milieu de la plaine dégagée, les forêts étaient derrière moi et à plusieurs dizaines de kilomètres devant se dressait le château de Fort La Latte, depuis plusieurs générations dans notre famille et aujourd&#8217;hui, occupé par ma tante, la douce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;"><em>Le texte est un peu long, je suis désolée&#8230; ^^</em></div>
<div style="text-align: justify;">Le fiacre avançait bon train au milieu de la plaine dégagée, les forêts étaient derrière moi et à plusieurs dizaines de kilomètres devant se dressait le château de Fort La Latte, depuis plusieurs générations dans notre famille et aujourd&#8217;hui, occupé par ma tante, la douce folle Azettep Nunez de Aznar.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Il y avait bien longtemps que je n&#8217;avais mis les pieds au château, mes occupations m&#8217;avaient débordé et de bal en bal, les agapes m&#8217;avaient tenu éloignées de mon dernier parent vivant. Azettep n&#8217;allait pas bien, un messager m&#8217;avait porté une missive rédigée par sa fidèle dame de compagnie Ed O&#8217;Connor. Azettep ne se maîtrisait plus et restait enfermée des heures au dernier étage du donjon. Dans ses crises de démence aiguës, Ed O&#8217;Connor m&#8217;avait écrit qu&#8217;elle voyait en elle le démon, un démon prêt à tout pour changer de l&#8217;eau en or, ou du vin en or, de la terre en or peut-être, je n&#8217;avais pas très bien compris, et après tout les élucubrations de deux vieilles filles ne m&#8217;intéressaient pas beaucoup.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Mais le château, lui, m&#8217;intéressait bien davantage. J&#8217;avais laissé tomber soupirants, amants, champagne et nombre de réjouissances afin d&#8217;aller la visiter.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Il faisait chaud dans le carrosse qui me conduisait, les bagages bringuebalaient et le cocher  fouettait avec force les chevaux. C&#8217;était étrange car dans ce coin de Bretagne, les gens étaient plutôt patients et paisibles. Mais dès mon arrivée à la gare, j&#8217;avais remarqué une différence, pressés et peu serviables, j&#8217;avais eu bien du mal à trouver un conducteur. On se serait cru dans la capitale. J&#8217;étais en vacances, en pèlerinage, je n&#8217;allais tout de même pas me laisser maltraiter par ces paysans.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Le château se rapprochait, je voyais les remparts se dessiner sur le fond bleu du ciel, je savais qu&#8217;après la lande, il y avait l&#8217;océan. Assez loin toutefois pour laisser autour de la bastide, des hectares de terrain vierges, prêts à être transformés en jardins paysagers ou en petites dépendances estivales.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Je songeais à mon ami paysagiste Louis de Clairac et à ce qu&#8217;il pourrait y faire lorsque le château serait&#8230;. J&#8217;espérais qu&#8217;il avait reçu mon invitation et qu&#8217;il était déjà en route, à quelques centaines de kilomètres derrière moi.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Le coche passa le pont-levis en faisant vibrer les planches de bois, les douves étaient asséchées, pleines de hautes herbes et rentra dans la cour. Je sortis du véhicule en plaquant une main sur ma capeline prune, une bourrasque de vent avait failli me l&#8217;enlever, je levais les yeux sur les bâtiments du château.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">À ma droite, les écuries étaient accolées aux remparts. Sur la gauche une aile réservée aux domestiques s&#8217;érigeait, une nouvelle partie avait été ajoutée et reliait celle-ci à l&#8217;immense tour ronde qui s&#8217;élevait au milieu du domaine. L&#8217;architecture d&#8217;aujourd&#8217;hui tranchait avec les parties plus anciennes datant du Moyen-Age, c&#8217;était plus fin, plus étudié, plus gracieux, moins barbare et guerrier. J&#8217;appréciais ce nouveau charme qui ressortait de l&#8217;ensemble et pensait à toutes les modifications que je pourrais y apporter. Je fermais les yeux et sans peine, je voyais une nouvelle demeure. C&#8217;était délectable.</div>
<div style="text-align: center;">*</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Ed O&#8217;Connor s&#8217;approcha, elle avait vieillit et portait le poids des années. Après tout c&#8217;était de sa faute, elle avait choisi de s&#8217;occuper d&#8217;Azettep !</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">- Zofia ! Quelle joie ! Je suis si contente de te revoir, comme tu as changé, tu es si&#8230; ton arrivée me soulage. Ta tante est si faible et si perdue, elle manipule ses potions, elle crie, elle rit. Je ne sais plus quoi faire, je suis très inquiète. Mais viens rentrons, nous avons un invité de passage.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">J&#8217;entrais dans le hall, la décoration était parfaite, des tentures en soie, détaillées à merveille, des toiles, des meubles en maroquinerie travaillés avec précision. J&#8217;étais enchantée par l&#8217;intérieur que j&#8217;avais eu peur de découvrir sale et en ruine, il n&#8217;en était rien !</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Dans le petit salon adjacent, je découvris un cavalier barbu et éreinté, il leva un regard vert émeraude sur moi et je ne pus me concentrer sur ce que me disait Ed O&#8217;Connor, j&#8217;étais subjuguée et j&#8217;entendis à peine lorsqu&#8217;elle prononça son nom : Larjie de Portaul&#8230;</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Le début du séjour allait peut-être mieux se passer que je ne l&#8217;avais prévu.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Je montais rapidement saluer ma tante, je n&#8217;avais pas envie de rester longtemps à ses côtés, la lande bretonne me tendait les bras et je voulais proposer au mystérieux cavalier  de m&#8217;accompagner.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Je trouvais Azettep, assise dans un fauteuil au dernier étage de la tour, décoiffée elle récitait une suite de chiffres : 4, 8, 15, 16, 23, 42, sans fin et lorsqu&#8217;elle tourna les yeux vers moi, je sus qu&#8217;elle ne m&#8217;avait pas reconnu. Cela m&#8217;avait permis d&#8217;écourter notre entretien.</div>
<div style="text-align: center;">*</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Après quelques jours passés à Fort la Latte et au vu de la situation, j&#8217;avais jugé que je pouvais en toute tranquillité, faire venir quelques amis dans ce qui serait, je l&#8217;espérais, ma future demeure bretonne. J&#8217;avais confié à un gosse du coin, sale et dépenaillé sept lettres destinées à mes fidèles amis : Emma de Montbruisson, Pascale de Chaste,  Agathe la Comtesse Goulier de Grandville, Marie, Marquise de Sillègue d’Aubeville, Leon de Bretagne, et Ingeark, un inventeur de génie dont la réputation dépassait les frontières du Royaume de France. Hormis Leon de Bretagne qui se trouvait à Rennes et Emma de Montbruisson à Bordeaux, tout ce beau monde était à Paris, certainement en train de festoyer sans moi. J&#8217;avais bien l&#8217;intention de tous les faire venir ici.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">La dernière lettre était réservée au meilleur traiteur de la capitale chez lequel je réquisitionnais petits fours, plats de rois, macarons en pagaille, desserts, vins et champagnes des meilleurs crus pour au moins une semaine.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">J&#8217;avais convaincu le ténébreux chevalier Larjie de rester jusqu&#8217;à leur arrivée afin de me tenir compagnie et je comptais bien user de mes charmes pour qu&#8217;il s&#8217;amuse avec nous. Cela le détendrait de ses missions obscures et de sa traversée de l&#8217;Europe pour rejoindre une comtesse sévère en Hongrie.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Il n&#8217;avait pas fallut trois jours pour que tous arrivent, Louis de Clairac en tête. Les vivres étaient arrivés et les domestiques venaient de les mettre à l&#8217;abri quand la belle Emma de Montbruisson passa le porche, il ne manquait plus qu&#8217;elle et nous étions au complet.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Dans les allées centrales, les deux compères de toujours Louis et Ingeark discouraient de nouvelles inventions ; sous un arbre les demoiselles écoutaient avec passion les récits de Larjie, quant à Leon, il voulait observer les souterrains de la citadelle. En regardant vers le ciel qui menaçait, j&#8217;avais aperçu Ed O&#8217;Connor épiant toute cette jeunesse envahir sans vergogne sa maison. Ce n&#8217;était pas ce qu&#8217;elle avait voulu mais elle savait qu&#8217;elle ne pouvait rien dire. Elle m&#8217;avait regardé affolée quand je lui avais parlé d&#8217;amener mes proches ici et m&#8217;avait dit une phrase que je n&#8217;avais pas comprise sur l&#8217;instant.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">- Mais enfin c&#8217;est dangereux, tu ne te rends pas compte, en ce moment&#8230; faire des fêtes ici !</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Quoiqu&#8217;il en soit, tout le monde était là et j&#8217;avais hâte de leur présenter la nouvelle invention de Ingeark, une machine à faire de la musique ! Je n&#8217;en revenais pas que cela puisse exister mais c&#8217;était un délice à écouter.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Dans la soirée, l&#8217;orage avait éclaté et bien au chaud dans un salon confortable de l&#8217;aile neuve, nous avions commencé à nous restaurer. Le vin coulait à flot des pichets, les fruits étaient savoureux, Agathe jouait un air de piano, des éclats de rire fusaient. Cela dura toute la nuit.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Au matin, je découvris des étranges morceaux des remparts tombés au sol, je mis cela sur le compte de la tempête. Le tonnerre avait grondé sans cesse sans nous empêcher de profiter ni de dormir. J&#8217;appelais Noemie, la jeune femme de chambre, en vain, aucun de serviteurs ne répondait. Seule Ed O&#8217;Connor arriva et consternée, m&#8217;annonça qu&#8217;ils étaient tous partis. La surprise passée, je haussais les épaules retournant au salon, en sachant que nous n&#8217;avions pas besoin d&#8217;eux.</div>
<div style="text-align: center;">*</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Tout ce beau monde continua de festoyer allégrement toute la journée et quand vint le crépuscule, Leon s&#8217;approcha d&#8217;une haute fenêtre qui donnait sur la mer. Les étoiles commençaient à éclore sur le bleu pastel du ciel, à l&#8217;ouest le soleil finissait de rougeoyer au-dessus des flots et l&#8217;obscurité gagnait rapidement du terrain sur la droite du paysage. Surpris il regarda du mouvement sur l&#8217;eau, des dizaines de bateaux s&#8217;y trouvaient.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Ils s&#8217;étaient tous rassemblés dans le grand salon d&#8217;un étage du donjon. La pièce était totalement circulaire, de lourdes tentures bordeaux tombaient devant les fenêtres, le mobilier était en bois précieux et formaient un ensemble harmonieux. La grande table se déployaient au centre et des petits canapés dorés étaient disposés un peu partout.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">La nouvelle invention de Ingeark fonctionnait à merveille et un air résonnait dans la pièce.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Un cri retentit qui fit se retourner Leon, Pascale de Chaste était également devant une fenêtre mais à l&#8217;opposé, le regard braqué sur la plaine.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Les convives se rapprochèrent, devant leurs yeux ébahis se tenait un déploiement militaire impressionnant qui occupait une grande partie du terrain avant le château. Des lanternes éclairaient des petites zones sur une immense surface, on voyait de l&#8217;agitation, des centaines d&#8217;hommes aux aguets, sans rien distinguer de plus précis. Il y avait peut-être des chevaux et même des engins de guerre.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Tous nobles, riches, beaux et jeunes qu&#8217;ils étaient mais surtout si occupés par les réjouissances que leur offrait la vie, n&#8217;avaient nullement eu vent de la guerre qui s&#8217;annonçait&#8230; Les dégâts de la nuit dernière n&#8217;étaient du en rien à la tempête mais à la première salve d&#8217;une longue bataille.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">L&#8217;armée située à quelques lieues ne changea rien à l&#8217;atmosphère de la soirée. Personne du petit groupe ne se sentait concernés. Le château pouvait bien être détruit, ils mourraient de la plus belle des façons, dans le plaisir, celui de la chère, de spiritueux raffinés, de la chair même.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Ils retournèrent s&#8217;installer autour d&#8217;une table bien garnie, Zofia comprenait maintenant l&#8217;attitude des paysans à son arrivée, leur réticence, les petites phrases d&#8217;Ed O&#8217;Connor et l&#8217;empressement de Larjie à rejoindre la Hongrie. Larjie qu&#8217;elle avait finalement convaincue, devenu lui aussi acquis à la cause des futilités et qu&#8217;elle avait glissé dans son lit.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Personne ne savait qui combattait et tous s&#8217;en moquaient. Agathe proposait une imitation de sa préceptrice, les carafes se vidaient, les panses se remplissaient et les rires étaient de plus en plus bruyants. C&#8217;était le temps des frivolités et cela dura indéfiniment.</div>
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		<title>Célébration</title>
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		<pubDate>Wed, 05 May 2010 17:55:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Zofia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défi n°15: Il est temps d'écrire !]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est onze heures et l&#8217;exaspération commence à pointer le bout de son nez, voilà plus de quatre heures qu&#8217;Inès tourne en rond dans sa chambre. Elle est l&#8217;illustration même de l&#8217;impatience. Il faut la comprendre quand on a 21 ans et qu&#8217;on est invité, pour son premier film, à monter les marches au Festival [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Il est onze heures et l&#8217;exaspération commence à pointer le bout de son nez, voilà plus de quatre heures qu&#8217;Inès tourne en rond dans sa chambre. Elle est l&#8217;illustration même de l&#8217;impatience. Il faut la comprendre quand on a 21 ans et qu&#8217;on est invité, pour son premier film, à monter les marches au Festival du Film, il y a de quoi faire preuve d&#8217;une certaine déconcentration.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Hôtel &amp; Restauration quatre étoiles luxe, la Croisette et son accumulation de richesses, la Côte d&#8217;Azur, le trajet en avion privé, la mer si proche, mais Inès doit attendre les directives en vue la préparation de la soirée. Ne pas pouvoir se balader, flâner au gré de ses envies, ni partir en exploration dans les rues de cette ville côtière créent une frustration évidente pour la jeune femme.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Elle a ouvert les rideaux marron foncé pour s&#8217;avancer sur le balcon mais la réverbération du soleil sur la façade blanche est si forte qu&#8217;Inès est obligée de rentrer. Elle s&#8217;assoit sur une bergère aux tons beiges, son regard erre sur la pièce, la décoration de la suite à des couleurs fauves et chaudes qui sont associées à quelques éléments foncés donne une impression de bienveillance comme une tasse de chocolat chaud un soir d&#8217;hiver.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Elle était en pleine rêverie lorsque la femme de chambre avait fait son entrée et déposée avec considération sa robe de soirée, un fourreau en soie rouge surmonté de perles signé John Galliano.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">L&#8217;admiration avait surgi dans les yeux ébahis d&#8217;Inès, la robe était si belle qu&#8217;elle en eut la respiration coupée.</div>
<div style="text-align: justify;">Il ne reste plus que quelques minutes à attendre, Inès est habillée si élégamment (l&#8217;opération « je m&#8217;habille » a été délicate tant la robe est moulante) et perchée sur des talons si hauts qu&#8217;elle est incapable de faire des petits bonds comme elle le voudrait tellement l&#8217;excitation, la tension sont à leur comble. Elle est fébrile mais doit faire preuve de concentration. La seule chose qu&#8217;elle redoute est de devoir faire une déclaration aux journalistes, elle craint de bafouiller et de dire des inepties.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Inspiration, expiration, elle essaye d&#8217;évacuer le stress qui vient se mêler à toute cette agglomération d&#8217;émotions.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Dans la berline qui la conduit au Palais des Festivals, elle a retrouvé l&#8217;équipe du film, le réalisateur et le scénariste entourent de près l&#8217;héroïne de leur film. Ils jouent ici une partie de leur future carrière, ils font partis de cette nouvelle génération d&#8217;auteurs qui remet au goût du jour la période de la Nouvelle Vague. Leur collaboration s&#8217;est tellement bien passée qu&#8217;ils ont tissé des liens bien plus forts que ce qu&#8217;ils imaginaient. Ils n&#8217;ont pas droit à l&#8217;erreur, qui plus est un soir d&#8217;inauguration.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Ils arrivent. Ils montent.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Arrivée à mi-hauteur, Inès fait face à la foule. Son coeur s&#8217;emballe, l&#8217;accélération de ses pulsations cardiaques lui fait monter le rouge aux joues. Les vociférations, les acclamations du public pourraient l&#8217;intimider mais il n&#8217;en est rien. C&#8217;est la première fois mais elle ressent comme une libération à être là devant toute cette foule. Elle trouve quand même que cette hystérie, cette adoration collectives frôlent l&#8217;exagération mais elle veut profiter de cette euphorie.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">Son intégration dans le monde du cinéma est en train de se jouer maintenant, elle s&#8217;en rend compte et cela renforce sa détermination.</div>
<div id="_mcePaste" style="text-align: justify;">C&#8217;est l&#8217;heure de la célébration pour Inès, bien décidée à ne prendre que le meilleur de cette nouvelle aventure qui débute, ses aspirations sont telles qu&#8217;elle ne laissera pas sa chance passer.</div>
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		<title>Elle était Lise</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Mar 2010 16:27:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Zofia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défi n°13: malheur ou bonheur ?]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;était un début de printemps trompeur, fourbe. La soleil avait beau répandre ses rayons sur la ville, la température n&#8217;augmentait pas, le froid était saisissant. En descendant l&#8217;escalier extérieur qui menait à la rue, Lise avait hésité, elle détestait plus que tout ce froid glacial qui, malgré les couches de vêtements, atteignait quand même son [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
<div style="text-align: justify;">C&#8217;était un début de printemps trompeur, fourbe. La soleil avait beau répandre ses rayons sur la ville, la température n&#8217;augmentait pas, le froid était saisissant. En descendant l&#8217;escalier extérieur qui menait à la rue, Lise avait hésité, elle détestait plus que tout ce froid glacial qui, malgré les couches de vêtements, atteignait quand même son corps ; mais ce qu&#8217;elle devait faire ne pouvait plus attendre. Elle n&#8217;avait déjà que trop tardé et elle savait précisément où trouver Thomas aujourd&#8217;hui.</div>
<div style="text-align: justify;">Lise voyait les quais se rapprocher, Thomas devait être là, quelque part, assis sur un banc ou les jambes pendantes au-dessus de l&#8217;eau. D&#8217;aussi loin que Lise se rappelle les quais avaient toujours été l&#8217;endroit préféré de Thomas.</div>
<div style="text-align: justify;">Il était là. Assis sur un banc, face au fleuve, le regard ébloui, son sac à dos à ses côtés ; de loin, il avait l&#8217;air d&#8217;un étudiant bohème un peu âgé. Il n&#8217;en était rien, Thomas était comptable.</div>
<div style="text-align: justify;">Il portait cette éternelle veste noire, passée de mode et dont les coudes étaient largement usés ; Lise venait d&#8217;entrer dans son champs de vision, il l&#8217;avait repéré. Ses cheveux roux étaient détachés, c&#8217;était comme ça qu&#8217;il préférait, son sac en bandoulière constellé de badges, son manteau beige sur un jeans, elle était simple mais Lise dégageait un charme incroyable, comme une puissante source de lumière, une assurance inébranlable. Elle lui avait confié que, par le passé, cette confiance en elle avait fait fuir bien des hommes. Effrayés, intimidés, ils ne restaient pas longtemps dans le bras de Lise, un temps à peine.</div>
<div style="text-align: justify;">Mais Thomas était resté. Des mois d&#8217;abord, des saisons et les années s&#8217;étaient ajoutées. Il savait que Lise lui apportait sa réponse. Il était venu sur les quais exprès, il voulait que son assentiment se fasse sur ces lieux qu&#8217;il aimait tant.</div>
<div style="text-align: justify;">Depuis qu&#8217;il lui avait demandé de l&#8217;épouser, il avait laissé Lise réfléchir. Il ne voulait pas qu&#8217;elle se précipite, qu&#8217;elle donne une réponse spontanée qu&#8217;elle pourrait regretter. Il n&#8217;avait pas de crainte sur sa réponse, il avait confiance en Lise, confiance comme il n&#8217;avait jamais eu confiance.</div>
<div style="text-align: justify;">Maintenant, elle était devant lui, assisse par terre sur son sac, jambes croisées, ses lèvres formaient son sourire « je te cherchais, je t&#8217;ai trouvé ». Oui elle avait trouvé, elle allait le lui dire.</div>
<div style="text-align: justify;">Et puis Lise avait ouvert la bouche&#8230;</div>
<div style="text-align: justify;">« Je ne peux pas&#8230; je suis désolée, je ne peux plus. J&#8217;ai voulu être sûre. Je me suis mentie trop longtemps, par paresse, par confort. J&#8217;aimais te retrouver, te parler, me lover dans des bras. J&#8217;ai aimé toutes ces années avec toi, tout ce temps, ces moments. Mais là ce n&#8217;est plus possible. Cette demande, tout ça&#8230; c&#8217;est trop. Trop conventionnel, trop important. Je ne peux pas me marier avec quelqu&#8217;un avec qui je suis seulement bien.</div>
<div style="text-align: justify;">Je veux être exaltée. Sans le savoir, ta demande a été un peu comme un déclencheur. Je savais qu&#8217;il fallait que je change quelque chose. Je n&#8217;aime plus mon job, je me sens à l&#8217;étroit, étouffée dans ces artères urbaines. Je devais décider, tu m&#8217;as aidé. Ce mariage aurait été la chose en trop à ne pas faire. Je n&#8217;avais pas le courage. Aujourd&#8217;hui je suis galvanisée.</div>
<div style="text-align: justify;">Je suis désolée. Pour tout. Pour l&#8217;espoir, pour la souffrance, de ne pas avoir réagi plutôt, d&#8217;avoir abusé du bien-être que tu me proposais. Il n&#8217;y avait aucun risque, c&#8217;était tracé tout droit. J&#8217;étais bien mais là, ça ne suffit plus. J&#8217;ai besoin de nouveautés, d&#8217;air pur, d&#8217;ailleurs. De terres lointaines, de passions, de risques, des choses que tu ne pourras jamais m&#8217;offrir même si tu y mets de tout ton cœur. Ce n&#8217;est simplement pas toi. J&#8217;aurais dû arrêter plus tôt mais le temps passe si vite, c&#8217;était si facile&#8230;</div>
<div style="text-align: justify;">Je pourrais essayer de t&#8217;expliquer pendant des heures, tu ne voudrais pas voir les choses de mon côté, pas maintenant. Peut-être tu ne le pourras jamais. Tu as le droit de m&#8217;en vouloir, de me haïr, de vouloir me voir morte. Je connais la haine de la rupture pour l&#8217;avoir souvent ressenti. Te mentir aurait été encore pire, t&#8217;inventer des fausses raisons, des excuses minables. Tu me diras que j&#8217;aurais dû être honnête tout au long de ces années, c&#8217;est vrai, j&#8217;aurais dû mais je n&#8217;ai pas réussi à sauter du train en marche&#8230;</div>
<div style="text-align: justify;">Je le suis maintenant. Je te laisse ; encore plus, je pars. Loin, l&#8217;Afrique ou l&#8217;Amérique du Sud, je ne sais pas encore. Tout est prêt, il ne reste que la destination à trouver. »</div>
<div style="text-align: justify;">Lise avait encore un peu parlé mais Thomas n&#8217;avait plus écouté, il était dans une sorte de brouillard infini. En quelques minutes, il avait tout perdu et sa conscience avait basculé dans la peine.</div>
<div style="text-align: justify;">Lise était partie depuis longtemps, sans un regard, lorsque Thomas s&#8217;était levé, c&#8217;était presque le soir et le froid s&#8217;était encore accentué. Il avait annihilé les sens de Thomas qui avançait comme un automate. Se mettre debout, lever une jambe, avancer le pied, le poser ; lever l&#8217;autre jambe, amener le second pied, le poser. Recommencer.</div>
<div style="text-align: justify;">Il n&#8217;avait même pas pensé à se jeter dans le fleuve juste devant lui. Il était rentré.</div>
<div style="text-align: justify;">Le printemps était passé tant bien que mal, puis l&#8217;hiver, un nouvel été et un automne deux ans plus tard, et ainsi de suite, mais jamais les pas automates de Thomas ne l&#8217;avaient ramenés sur les quais.</div>
</div>
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		<title>Si j&#8217;étais&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 22:50:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Zofia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défi n°12 : Bestioles]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis jeune, enfin en durée de vie humaine uniquement. Du côté des diptères, je fais presque figure d&#8217;ancêtre avec mes 9 mois d&#8217;existence. Je suis née à la fin de l&#8217;été et je suis restée 6 mois en hibernation, l&#8217;hiver au chaud dans un conduit, ça fait parti des avantages à un être culex [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Je suis jeune, enfin en durée de vie humaine uniquement. Du côté des diptères, je fais presque figure d&#8217;ancêtre avec mes 9 mois d&#8217;existence. Je suis née à la fin de l&#8217;été et je suis restée 6 mois en hibernation, l&#8217;hiver au chaud dans un conduit, ça fait parti des avantages à un être <em>culex modestus</em>.<br />
Peut-être le seul  à la réflexion.<br />
Car dès la naissance, la vie est difficile pour un insecte de mon genre ; on ne nous protège pas comme les abeilles et on ne nous trouve pas beaux comme les libellules.<br />
On nait dans la boue, au cœur des marécages, dans des eaux stagnantes et gluantes entourées de hautes herbes. Pas loin il y a la mer et sa plage de sable fin. Cette plage où des chevaux aux robes couleur noire, se baladent alternant courses folles et pas chaloupés.<br />
De cette naissance, il ne reste rien qu&#8217;une sensation de terre humide, pas de famille, pas de clan, encore moins de maison douillette.<br />
Et dès l&#8217;instant où l&#8217;appétit se réveille&#8230;<br />
D&#8217;abord, on refuse catégoriquement de se nourrir de sang, mais après avoir goûté aux algues et aux bactéries, notre minuscule organisme a besoin de sucre. Beaucoup de sucre.<br />
Et, avec avidité, on se jette sur les premiers passants qu&#8217;on aperçoit ; on abdique, on capitule.<br />
Je me souviens quand ça m&#8217;est arrivé pour la première fois. J&#8217;en garde un souvenir désagréable mais inévitable.<br />
Je n&#8217;avais pas le choix, je n&#8217;en pouvais plus, j&#8217;avais terriblement faim, je sentais une envie grossir au fond de mon ventre, une pulsion, je voulais du sang.<br />
Alors il est arrivé. Un cavalier, détendu, innocent, sublime, brun avec ses cheveux flottant légèrement dans le vent frais d&#8217;une matinée d&#8217;automne. C&#8217;était comme dans une pub, le cheval avançait, des gerbes d&#8217;eau éclaboussant chaque pas et je me suis jetée sur lui. J&#8217;y suis allée franco et j&#8217;ai enfoncé mes deux crocs dans la chair tendre de son cou. C&#8217;était si bon. J&#8217;étais devenue une détestable buveuse de sang. Et j&#8217;adorais ça.<br />
Pour me punir, je m&#8217;exilais.<br />
La vie à la dure continuait et je venais d&#8217;élire domicile dans une sorte de décharge au milieu de la végétation. Pneus éclatés, voitures abandonnées, tôles rouillées, un bric à brac d&#8217;immondices, où j&#8217;y retrouvais des compatriotes et compris que ce n&#8217;était pas un exil mais la suite logique de notre misérable condition.<br />
Calée dans un vieux pneu sentant le caoutchouc brûlé, je rêvais à une autre vie. Une vie humaine sur deux jambes, où je pourrais manger des hamburgers, me laisser aller dans un canapé, vivre dans une maison, monter sur le dos d&#8217;un cheval et galoper contre le vent, embrasser passionnément le beau cavalier dont j&#8217;avais bu le sang&#8230;<br />
Mais chez les moustiques, on commence dans la boue, on continue au milieu des déchets, on boit du sang avec frénésie et on finit (souvent) éclaté contre un mur, le moustique n&#8217;est décidément pas l&#8217;ami des hommes.</p>
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