La porte émit le son qu’une porte émet lorsque quelqu’un frappe dessus.
Deux inconnus devant ma porte. Impair beige, cheveux longs châtains et visage serrée pour la femme, et lui, brun, pas très grand, lunettes, visage serrée aussi. Un air de famille. Frère et sœur. Probablement. 40-45 ans pour les deux. Ils ont du voir le rideau de la fenêtre bougée.
Je suis lasse des vendeurs de tout et de rien. Ils ne vont pas tenir 10 secondes.
« Laisse, chérie, j’y vais ».
« Bonjour ».
« Bonjour » Elle avait l’air désolé de me saluer. Je n’ai pas gagné au loto visiblement.
« Etes-vous M. Kincaid ? Robert J. Kincaid ? »
« ça dépend ». « Si c’est pour les impôts, non, c’est pas moi. »
« voilà notre mère s’appelait Francesca et…. » mon visage a du changé car elle s’est arrêtée nette.
« Francesca ?…. »
« oui, Francesca. » « et nous voudrions savoir, comment dirai-je, si vous …, si vous la connaissiez ? »
« pourquoi ? » je n’arrivai pas à être aimable. Une espèce de fusion venait de fondre mon cerveau.
« Je m’appelle Caroline Johnson, et voici mon frère Mickael. Notre mère qui est décédé, il y a quelques semaines, nous a laissé une lettre nous indiquant…. »
« ne restez pas dehors, entrer. » leur gêne m’inspirait confiance. Ils s’assirent sur le canapé, et je ne sais pourquoi mais son regard ne se détachait pas de l’appareil photo pendu au mur de mon père .
« je vous disais, que sa lettre, nous indiquait un coffre. Nous y avons trouvé son journal. »
« et… ?»
« et… nous ne l’avions jamais su, ni nous, ni notre père, son mari, mais ma mère a eu une liaison avec un homme. Robert Kincaid. »
Elle attendait visiblement ma réaction. « Robert Kincaid ? » Elle hocha positivement la tête.
« C’est mon père. »
La nouvelle ne les surprit pas.
« En fait, notre mère, c’est absenté plusieurs mois, pour c’est ce qu’elle a dit, soigné une tante par alliance. Mais elle était enceinte, et elle avoue dans son journal qu’elle a mis au monde un petit garçon se prénommant Robert Junior. Nous voudrions… »
« savoir… » « Robert est mon père et Francesca ma mère ». « c’est Elisabeth Johnson qui m’a élevé.
« je savais que maman était marié, à quelqu’un d’autre. Elle me l’avait dit. Mais elle aimait mon père. Elle est restée pour vous. Peut être un peu pour son mari, je pense, aussi. Il y avait je crois de la tendresse entre eux. ». « je….. » « ils venaient me voir à Noël, tous les ans et à mon anniversaire. Il y a trois ans, mon père est mort. Ses cendres ont été répandu au pont « Roseman ». « c’est là que notre mère a voulu que ses cendres soient répandues » me dit-elle.
Ils partirent quelques heures plus tard. « Alors ? Chéri ? fais pas cette tête, le passé c’est le passé… moi je suis là. ». Décidemment, elle ne comprendrait jamais quoique ce soit.
Nous nous revîmes de plus en plus souvent. Nous avions soif de connaître le parent inconnu.
J’ai lu son journal. Je tiens d’elle son côté fleur bleue, un brun mélancolique. Même ce côté physique de l’italien. Mes ancêtres. Elle avait réveillé en moi la question qui me taraudait depuis tant de tant. Un conseil j’aurais aimé.
Il est 18 heures je quitte mon travail. Il pleut encore. Ma valise est dans mon coffre avec l’essentiel. Une photo de ma mère près du pont Roseman et l’appareil photo de papa. Quelques chemises.
La porte émit le son qu’une porte émet lorsque quelqu’un frappe dessus.
Shana m’ouvrit son joli sourire lorsqu’elle vit ma valise. Nos regards se croisaient et se recroisaient.
Nous laissâmes nos pulsions depuis si longtemps réfrénées prendre le dessus de nos consciences.
Je t’aime. Oui, je t’aime.
Quelque part, quelqu’un peste sur mon retard. Je lui expliquerai demain. Elle ne comprendra pas.
Maman, pourquoi ?
Désolé Mr Eastwood pour cette petite et misérable suite de votre chef d’œuvre merveilleusement tourné « Sur la route de Madison ». Inoubliable tant pour Clint Eastwood que pour Meryl Streep, ses plans et ses des décors somptueux.


