L’Américain tendit à Leamas une nouvelle tasse de café. Déjà la troisième, et ça ne faisait pas dix minutes qu’il était arrivé. Il lui fallait bien ça à Leamas, rencontrer l’Américain n’était pas banal dans le milieu. Personne ne l’approchait jamais, les affaires ne se traitaient qu’avec ses lieutenants, même son identité était inconnue de tous, y compris de ses plus proches amis, on l’appelait l’américain, point. Des mois que Leamas avait commencé cette mission d’infiltration, il leur avait fallut des années de préparation pour enfin arriver à lui. Puis, Leamas, en personne, désigné pour infiltrer le milieu, mener une double vie, brouiller les pistes, se faire accepter par cette pègre qui pourrissait toutes les strates de la société. C’était vraiment un gros coup, s’il y arrivait, c’est toute une organisation mondiale que Leamas ferait tomber, les ramifications s’étendaient sur tous les continents, jusqu’en Asie. Et, il l’aurait enfin sa promotion de commissaire. Mais, pour le moment, il devait se concentrer et ne pas perdre le fil de la discussion qui s’engageait. Pourtant, malgré les cafés, il se sentait comme groggy, ensuqué… Etait-ce la chaleur de cette chaude journée de juillet, ou toute la fatigue accumulée depuis des mois qui lui tombait dessus au moment où il avait besoin de toutes ses facultés ? Ses paupières se faisaient de plus en plus lourdes, comme si une chape de plomb lui tombait soudainement dessus, ses oreilles bourdonnaient et il n’entendait plus qu’un léger brouhaha. Pourtant, l’Américain lui souriait, il voyait bien que Leamas ne se sentait pas bien, mais il n’essayait pas de l’aider, ni personne d’autre dans la pièce. Leamas tenta de parler, mais aucun son audible ne sortit de sa bouche, il essaya de se mettre debout, tout tanguait autour de lui. L’Américain lui souriait en lui désignant sa tasse de café… Le café… Leamas eut à peine le temps de comprendre qu’il ne serait jamais commissaire et qu’on avait découvert sa couverture, qu’il s’écroulât au sol, terrassé par le poison.
sniff ! c’est le méchant qui a gagné…
Et oui, ce ne sont pas toujours les gentils qui gagnent… comme dans la vraie vie…
Je remarque que ce début a inspiré des textes aux accents d’espionnage…