Je ne l’avais pas revue depuis presque dix années, le temps de ma retraite. Aucune raison alors de rencontres qui ne figuraient que dans la catégorie professionnelle même si à l’occasion de déjeuners pris au restaurant, avant ou après notre réunion de travail, il nous arrivait de sortir du sujet pour caboter sur des flots plus badins. De plus je m’étais éloigné de plusieurs lieues de l’endroit où elle habitait.
Puis, un jour, un message qui m’annonce qu’elle garde le meilleur souvenir de nos conversations ! Qu’elle a envie de me revoir, qu’aujourd’hui elle peint, qu’elle se cherche un mécène ! Et que séjournant dans ma région elle serait heureuse de me rejoindre dans petit bistrot en souvenir du bon vieux temps !
Elle est toujours aussi jolie ; seules quelques petites ridules au coin des yeux affichent que sa fille va passer le bac ; qu’elle ressemble à son père : les copains d’abord ! D’ailleurs elle a fini par divorcer.
Que me passe t-il alors par la tête qui me fait lui demander : « pourquoi divorcer » ? Et elle de me répondre : « pour me remarier » !
Je devais être troublé bien plus que je ne le pensais pour retrouver le ton de nos aimables joutes d’hier lorsque je m’entendis lui affirmer que le mariage était à l’amour ce que les fils sont aux haricots verts !
Depuis elle boude sans que je sache si elle a cru vraiment à mon argumentation qui consistait à lui avouer que j’écrivais et que je me cherchais un style qui s’apparente à une forme de surréalisme s’efforçant d’associer des mots que rien ne rapprochent si ce n’est l’image qu’ils peuvent inspirer !
J’aime bien les fils des haricots verts, inédit !
D’accord avec Agathe, j’aime aussi. Bien écrit.