La collaboration est généralement un terme plutôt positif. On entend par là une certaine coopération. Pas forcément celle qui permet de voyager dans nos départements d’outremer. Je ne suis pas sûre qu’il y ait encore des jeunes gens qui partent « en coopération ».
Mais en 1942, lorsque Pétain décide de révoquer les enseignants francs-maçons et communistes, ce jeune homme de 32 ans, qui ne se cache pas de son appartenance fraternelle, va voir sa vie basculer. Sur dénonciation, il passe même pour communiste :
« M. L est communiste, il donne à ses élèves des porteplumes rouges. »
Pour gagner sa vie, il trouve un emploi dans un entrepôt allemand, sans préjugé aucun, ni aucune intention de pactiser avec l’ennemi. Il est au-dessus de ça. Il aime les langues, il apprend à parler allemand. Mais cette insouciance va le conduire à l’incarcération, dans cette jolie abbaye au toit octogonale de Fontevraud. Il a un bon avocat qui le sortira de là au bout d’un an.
Cet homme c’était mon père. En 1960, il m’apprenait à parler anglais avec une méthode audiovisuelle, dont je n’ai jamais oublié les images et les illustrations et qui trône désormais sur mes étagères. Quand je vous dis qu’il aimait les langues. Il m’a laissé ce goût en héritage, ce sont les seules matières qui m’intéressèrent vraiment tout au long de ma scolarisation. Il avait bien sûr des défauts, mais je n’avais pour lui qu’admiration. Son décès est survenu trop tôt, je n’avais que 29 ans, quelle frustration !
C’est un très joli témoignage…
oui, c’est un très joli témoignage Agathe.Merci de nous l’avoir donné.
Oui très joli… autobiographique ou fiction ?