J’ai reçu un mail de Gnieark pour me demander de proposer le prochain défi d’écriture. Je serai absente du 29 juillet au 20 août (vraisemblablement) et pendant cette période je disposerai d’une connexion Internet extrêmement limitée (la clé 3G ça coûte cher). Je vous laisse décider de la date à laquelle vous avez envie de publier, pour simplifier, disons le 20 août et voici l’incipit, qui j’espère, vous plaira :
« L’Américain tendit à Leamas une nouvelle tasse de café ».
Je vous lirai à mon retour.
Je ne l’avais pas revue depuis presque dix années, le temps de ma retraite. Aucune raison alors de rencontres qui ne figuraient que dans la catégorie professionnelle même si à l’occasion de déjeuners pris au restaurant, avant ou après notre réunion de travail, il nous arrivait de sortir du sujet pour caboter sur des flots plus badins. De plus je m’étais éloigné de plusieurs lieues de l’endroit où elle habitait.
Puis, un jour, un message qui m’annonce qu’elle garde le meilleur souvenir de nos conversations ! Qu’elle a envie de me revoir, qu’aujourd’hui elle peint, qu’elle se cherche un mécène ! Et que séjournant dans ma région elle serait heureuse de me rejoindre dans petit bistrot en souvenir du bon vieux temps !
Elle est toujours aussi jolie ; seules quelques petites ridules au coin des yeux affichent que sa fille va passer le bac ; qu’elle ressemble à son père : les copains d’abord ! D’ailleurs elle a fini par divorcer.
Que me passe t-il alors par la tête qui me fait lui demander : « pourquoi divorcer » ? Et elle de me répondre : « pour me remarier » !
Je devais être troublé bien plus que je ne le pensais pour retrouver le ton de nos aimables joutes d’hier lorsque je m’entendis lui affirmer que le mariage était à l’amour ce que les fils sont aux haricots verts !
Depuis elle boude sans que je sache si elle a cru vraiment à mon argumentation qui consistait à lui avouer que j’écrivais et que je me cherchais un style qui s’apparente à une forme de surréalisme s’efforçant d’associer des mots que rien ne rapprochent si ce n’est l’image qu’ils peuvent inspirer !
Leamas était confortablement installé au soleil, à la terrasse de cet hôtel libanais. L’américain était arrivé depuis une quinzaine de jours, pour préparer les négociations, contacter son ambassade, si jamais il avait besoin d’aide, visiter un peu la ville. Il était descendu à l’hôtel, incognito, sous un faux nom. Il portait une chemise bleu ciel assortie à la couleur de ses yeux et un pantalon de lin bleu marine. Il arborait l’air décontracté du parfait touriste, pour ne pas éveiller les soupçons éventuels de la police locale.
John restait toujours élégant quelque soit sa tenue. Lorsqu’il se sentait un peu embarrassé, il passait la main dans son épaisse chevelure aux tempes argentées. Les femmes le trouvaient très séduisant, mais son métier l’empêchait de construire une vie de famille ou même une liaison suivie. Trop de voyages. Il ne pouvait pas non plus se laisser aller à des confidences sur l’oreiller, elles risquaient de lui être fatales.
Il tendit à Leamas une nouvelle tasse de café. Leamas avait le visage fermé. L’américain devinait à son nom ses origines grecques et son goût pour le café. Leamas avait un visage fin, des yeux noirs perçants. Même si John rencontrait Leamas pour la première fois, il décelait chez lui une certaine faculté à se fondre dans la masse, mais aussi l’énergie nécessaire pour se battre en cas de besoin. Leamas faisait-il partie d’un groupe armé ? La négociation s’annonçait difficile entre ces deux hommes qui s’observaient, se jaugeaient. John tentait d’amadouer Leamas par un accueil chaleureux. Il avait apporté dans ses bagages le contrat à signer, mais un élément important lui manquait, qui était le client final.
Leamas n’était qu’un intermédiaire. La livraison s’effectuerait-elle en Afrique, au Moyen-Orient, pour une faction indépendantiste minoritaire ou pour une nation en guerre ? En quelle monnaie serait-il payé ? Quels étaient les enjeux politiques, économiques ?
John s’était vu confier cette mission par son gouvernement et il savait toute la confiance qu’on mettait en lui. On ne lui avait donné que le nom de l’hôtel et celui de son interlocuteur. Il avait quelques jours devant lui et décida de prendre son temps.
- Eh bien Leamas, si nous dînions ensemble ce soir, histoire de faire plus ample connaissance. Disons vingt heures au restaurant de l’hôtel.
Une vente d’armes ne se négocie pas à la va-vite. Mettre l’autre en confiance sans pour autant trop se dévoiler, John avait l’habitude de ce type de situation.
- « Elle était si jolie, monsieur le commissaire » lui répondis-je.
- -« vous n’éprouvez donc aucun remords ? »
- « je….. je ne sais pas…… je ne sais pas très bien…. D’une certaine façon oui…..mais non en fait… »
- « expliquez-vous !» me lança t-il sèchement.
Tout me semblait irréel dans cette pièce. De gros classeurs métalliques gris, obsolètes, dont les tiroirs ne fermaient plus depuis longtemps, gisaient là, dans un coin ; nonchalant. A leur côté, un bureau en bois usé ne servait plus qu’à entasser des dossiers. En d’autre temps lui aussi avait dû accueillir un visage pâle. L’air emplit de poussière me donnait envie d’éternuer. Une lumière jaunâtre qui filtrait péniblement à travers les carreaux sales, donnait à mon interlocuteur l’air malade. Le foie peut-être ? A vrai dire, la pièce elle-même avait l’air malade. Le blanc des murs avait jauni avec le commissaire me dis-je. Il se tenait maintenant penché vers moi. Ses mains fines sans vie, tenaient mon dossier à la main. Pas d’alliance. Vieille montre. Sa silhouette filiforme était accentuée par un costume rayé café au lait du plus mauvais goût. Monsieur X dans un bureau X. L’étroitesse d’esprit dont il faisait preuve depuis 1 heure devait être due à la forme de son crâne. Etroit et dégarni. A mon avis.
« ALORS ? ». La question claqua dans l’air comme un fouet et me tira avec difficulté de mes élucubrations passagères.
Alors QUOI ? Avait-il la prétention de comprendre ? de nous comprendre ? de la comprendre ?
Elle est l’opposée du monstre d’égoïsme qui l’accompagnait. Son visage respire l’intelligence et le regard clair de ses yeux pourtant foncés laisse entrevoir une grandeur d’âme peu commune. Toute sa personne en fait respirait la grâce. Une grâce qui ne s’apprend pas, innée, et qui transforme chaque geste anodin en un acte précieux et pesé. Ses cheveux noirs, tirés en bonne mère de famille sérieuse, ne demandait que leur libération pour s’épanouir. Enfin. Des lèvres tout en finesse, mais légèrement sanguine. Le teint caramel de sa peau ne demandait qu’une consommation sans modération. Ça arriva. Biensûr. Elle semblait hors de portée, inaccessible au commun des mortels dont je suis.
« notre rencontre ? » « chez des amis, un soir de cet été ». Je ne lui dirai rien de ce qui ce passa vraiment. On ne s’est regardé que peu de fois, sourit quelque fois, aimer tout de suite.
« mais encore ?
« nous nous sommes compris »
« vous êtes tous les deux mariés et pas ensemble que je sache !!!! » Imbéc…..« oui, je sais » susurrai-je. Qu’est-ce qu’il voulait que je lui dise ? Il n’aurait RIEN.
L’idée du mari me revint. La première fois que je le vis il était avachi sur la chaise, à côté d’elle. Son regard dur, ses grosses mains poilues, mais surtout une absence cruelle de tout sentiment humain, faisait de lui ce qu’il était : une brute. Il ne l’épargnait pas. Cosette n’aurait pas donné de leçon à ma bien-aimée tant il se servait d’elle. Il ressemblait à ma femme. Sauf les mains poilues. S’ils avaient été mariés je suis sur qu’ils auraient été un de ses couples des rubriques faits divers. « un couple a massacré à la machette monsieur machin pour lui voler 5 euros ». Tenardier. Oui c’est ça : les Tenardier.
Aujourd’hui, l’idée qu’il est pu effleurer sa taille bien faite me procurait des hauts de cœur. Mais il ne le fera plus jamais. Elle ne vociférera plus jamais. Ils étaient aujourd’hui ensemble d’ailleurs, pourrait-on dire. Le passé ne nous intéressait pas.
L’entretien n’alla pas beaucoup plus loin. Il ne sut rien, sur rien.
- 13 mois plus tard. -
Le hâle de sa peau était revenu avec l’été. Ses cheveux flottait dans un air remplit de grâce. Nous ne nous embrassâmes pas. Sa main glissa… nos mains se glissèrent l’une dans l’autre. Nos yeux regardaient l’océan en silence. Un joli ventre rond avait embelli s’il était possible son corps voluptueux. Mon garçon et ses deux filles s’amusaient sur la plage un peu plus loin. En remontant chez nous, nous aperçûmes une ombre trop visible, sous un pin…. Une silhouette filiforme…pour son malheur.
Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.
Elle était si jolie ,avant son accident de luge.Un hiver rigoureux moins 40 degré ,la rivière gelée et sa mère qui tire la luge .Elle s’accroche au panier posé devant elle mais dans un virage ,ficelle de tirage trop longue,patatras….
La luge ,le panier ,les oranges ,tout par terre; et elle même tête première dans un arbre bien endurci par le gel.
Toutes les ratounes explosées.Le nez en sang et sa mère qui se marre.Les dents de lait PAS GRAVE ….
Tout ce sang répandu sur la neige presque beau.
Quand on regarde toutes ces vieilles photos on voit une enfant très jolie avant.
Et très vilaine ensuite sans dents un nez tordu et sans amour .
Il fait vraiment très froid.
« Elle était si jolie… » La rengaine commençait à lui peser. Radio Nostalgie, la seule radio que sa grand-mère tolérait sur le poste de la salle à manger, passait cette chanson niaiseuse tous les jours à la même heure. A la troisième tartine. Ca lui faisait une belle jambe d’être jolie. Sa mère le lui disait. Rebecca, chaque fois qu’elles sortaient le samedi soir, lui disait aussi. Les copines de sa grand-mère. Le patron du tabac. Mais ça servait à quoi d’être jolie, à quinze ans, dans ce bled paumé ? A entendre les réflexions débiles des boutonneux du coin. A se faire suer tous les jours à lire les livres que la prof de français avait conseillés avant les vacances. Celle-là, elle la retenait avec ses conseils ! Sa mère, évidemment, les avaient tous achetés ses bouquins à l’autre intello. « Agrégée à 22 ans, tu te rends compte ! » Non, elle se rendait pas compte. Et que sa mère ne compte pas sur elle pour être une surdouée à lunettes. Elle était si jolie, et elle comptait bien en profiter. Le plus tôt possible. Dès qu’elle aurait quitté ce trou à rats. Les vacances, normalement, ça sert à rencontrer l’amour de sa vie. Celui qui occupera les conversations à la rentrée. Mais là, elle parlerait de quoi ? Du remplaçant du facteur qui était leur seule visite quotidienne, avec son teint de souris albinos ? Du petit-fils du voisin, myope comme une taupe, et âgé de treize ans avec un âge mental de dix ? A part ce défilé animalier, rien à voir. Circulez ! Les vacances, c’est la mort.
Elle était si jolie.
C’est la dernière phrase qu’avait prononcé mon cher et tendre concernant son ex maitresse. Enfin, c’est ce que je croyais. Je n’aurais peut être pas du lui lancer la poêle au visage quand il a dit ça. Parce qu’aux urgences, elle était là. Je voulais pas l’entendre, je me suis collée Christina d’Anaïs aux oreilles, béni soit mon lecteur mp3 de toutes façons. Je me passe la chanson en boucle, deux points de suture, et c’est fini.
Les points, tu crois qu’on pourra me les coudre à vif? j’aime pas les piqures.
Il me fait sursauter, j’angoisse. J’enlève mon casque, je lui souris. Je tourne la tête, je la vois qui attends, je le supplie du regard de ne pas la suivre.
Non, il vaut mieux pas.
Tu me prends pour une chochotte?
Non, mais il vaut mieux pas.
Il se lève, il la suit, c’est fini, je le sais, il ne reviendra pas, je pleure.
Une blouse blanche s’approche de moi, la salle d’attente est vide, je suis seule, je me sens seule. Il s’assied à côté de moi.
Pourquoi pleurez-vous mademoiselle?
Il me tend un bout de papier absorbant immaculé, du PQ je suis sûre. J’essuie mon mascara qui coule, il me sourit. Je n’ai pas envie de parler, juste de m’effondrer.
Elle est jolie, mais vous savez, c’est une vraie salope, son seul fantasme, c’est de se faire un mec pris, marié, elle est comme ça, elle m’a fait le coup.
Je sanglote toujours, j’ai l’impression de me transformer en phoque qui appelle sa maman. Je veux qu’il parte, et je veux qu’il revienne. Mon téléphone vibre, je sors, les téléphones sont interdits, même dans la salle d’attente, une autre blouse blanche me foudroie comme si je venais de débrancher l’assistance respiratoire de son fils. Je suis dehors, je décroche, on me parle, je ne comprends rien, pourtant mon interlocutrice parle bien français, c’est ma meilleure amie d’ailleurs, mais je ne la comprends pas, je raccroche sans rien dire, le téléphone vibre encore, toujours elle, je ne décroche, j’envoie juste un SOS par mini message. La blouse blanche au PQ me rejoint, me file un xanax. Je ne le regarde même pas, je gobe le cachet, je vais à la voiture, et je me pose, le siège abaissé à fond, les pieds sur le volant. J’attends, il n’y a que ça à faire. Une heure se passe, j’ai toujours le regard dans le vide, je me cache derrière mes lunettes de soleil, c’est toujours pratique. La porte passager s’ouvre, le voici, avec ses deux points de suture et tout un côté du visage rouge. Je ne dis rien.
On peut rentrer?
Je ne dis toujours rien, je remonte mon siège, je descends mes pieds du volant, je démarre.
Qu’est ce qu’il y a?
Je reste muette, comme victime d’aphasie, au fond de moi j’ai envie d’hurler.
On arrive, je me gare, je réussis même mon créneau du premier coup, je meurs d’envie de lui demander pourquoi il a la face rouge, surtout du côté opposé aux points, ca ne doit pas être une allergie à l’anesthésie.
Elle était si jolie tu sais, j’ai été faible, pardonne-moi.
J’étais en train de ramasser la poêle…
Cette introduction s’adresse à Johnconnorsan: Toute ressemblance à des éléments réels est un hasard. Un pur hasard, je ne suis vraiment pas du genre à puiser mon inspiration dans des faits réels. Et comme ce texte est super nul, que c’est juste une invention bidon, pas la peine de le faire lire!
Elle était si jolie. Elle est si jolie, même si de suite elle n’est pas devant mes yeux….. ses yeux… heu… Mais je pense qu’elle est toujours aussi jolie que tout à l’heure. Et peut être même que tout de suite c’est encore mieux. Il fait lourd, elle est sortie du travail, a enlevé son uniforme.
Elle était si jolie la première fois que je l’ai vue. La deuxième tout autant. Je me souviens d’ailleurs que j’avais été surpris par son bonjour-bise pour lequel elle avait créé un contact physique en m’attrapant les bras. Mais bon, dans la culture des gens de l’est le contact physique est plus aisé non? Enfin c’est du moins ce que je me suis dit, même si mon regard avait sûrement exprimé le contraire.
Là j’étais venu dépanner un problème de petits carrés qui s’affichait lors de l’impression des demandes de congés. Bah oui il y a des malheureux qui ne sont pas encore en vacances.
Pendant que la version 9 d’adobe reader s’installait (s’il y a un geek qui passe dans le coin, j’avais le binaire d’installation sous la main, la flegme de télécharger la toute dernière version) (en espérant que ça résolve le problème), Elle est venue s’assoir à coté avec un saladier de cerises.
j’ai engagé la discussion sur le week end, elle a répondu en expliquant qu’elle s’est endormie devant Shrek 4. Bref rien d’intéressant Mais ses yeux étaient restés droits devant les miens lors de la discussion. Lesquels ont répondu durant ces longues minutes en faisant de même (voui l’ordinateur a 10 ans adobe c’est assez long à installer, et puis j’ai pris mon temps).
On a discuté aussi de la maîtrise de la langue anglaise, mon regard noisette dans les deux océans azurs d’en face.
Peut être que je l’inviterai voir la fin de Shrek et vérifier par la même occasion que j’ai bien interprété le langage des yeux. Là il y avait trop de monde autours.
Elle était si jolie, avec sa robe rouge à petits pois noirs… Elle allait, à travers champs, toute la journée. Mais que pouvait-elle trouver à faire ainsi ? A vrai dire, elle flânait, ni plus, ni moins, vivovant de ce que la nature lui offrait. Parfois, elle croisait ses amis, ils s’arrêtaient alors tous un instant, à l’ombre d’un grand arbre ou d’une petite brindille et se mettaient à disserter sur le monde et ses vicissitudes. Quoi de plus tranquille que cette vie de plein air. Elle ne connaissait ni les soucis de logement, ni de nourriture… Elle menait finalement une vie simple, se déplaçant par ses propres moyens, profitant des belles journées d’été et se mettant à l’abri quand la mauvaise saison revenait.
Oui, elle était vraiment jolie, elle était mon amie, je crois même que j’en étais un peu amoureux… Vous rendez vous compte, moi, Vermer le ver, amoureux d’Alphonsine la coccinelle… Une histoire improbable qui se termina avant même d’avoir commencée, le jour où Alphonsine ne revint plus jamais dans notre champ, je ne sus malheureusement jamais ce qui lui était arrivé…